OMS : La mortalité maternelle et néonatale reste encore une préoccupation

Publié le par Oussouf DIAGOLA

La 63è Assemblée mondiale de la santé prend fin aujourd'hui à Genève.

Pendant six jours (du 17 au 22 mai) décideurs et experts ont dressé un bilan sans concession de la politique de la santé mondiale.

 

La présente session a été marquée par un discours fortement applaudit du Dr Margaret Chan Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé. Selon elle, dans l’intérêt de la santé publique, il ne faut jamais cesser de tirer des enseignements des combats gagnés ou perdus. Elle dira qu’il y a trente ans, l’Assemblée mondiale de la Santé déclarait que «tous les peuples du monde sont désormais libérés de la variole». Ce certificat de décès officiel attestant de la disparition d’un fléau immémorial marquait une étape exceptionnelle dans l’histoire de la santé publique. C’était la preuve spectaculaire qu’une action collective avait le pouvoir d’améliorer pour toujours la condition humaine. Il convient de s’en souvenir au moment même où la communauté internationale s’est engagée dans le combat contre la pauvreté le plus ambitieux de l’histoire et qu’il ne reste plus que cinq ans avant la date butoir de 2015. L’éradication de la variole était une initiative axée sur une seule maladie. Il n’y eut jamais de traitement contre cette maladie qui tuait, rendait les gens aveugles ou les défigurait. La base de la campagne fut la prévention à une époque où la plupart des systèmes de santé du monde étaient conçus pour dispenser des soins curatifs. Une initiative destinée à briser toutes les chaînes de transmission du virus dans le monde entier était un parfait exemple de couverture universelle. Voilà ce que peut faire une action collective pour le bien commun.

Pour Margaret Chan : « Les objectifs du Millénaire pour le développement situent la santé dans une stratégie globale de réduction de la pauvreté. Pour dire les choses sans ménagement, si nous passons à côté des pauvres, nous passons à côté de l’entreprise tout entière. La route est encore longue, notamment pour ce qui est de la mortalité maternelle et néonatale, et il faut se féliciter des efforts déployés sur de multiples fronts pour accélérer les progrès dans ce domaine. Mais on peut assurément se réjouir de ce qui a déjà été fait. Presque toujours, les victoires remportées en santé publique contribuent à sauver des vies mais elles ont aussi une valeur symbolique.

Les progrès récents montrent que, lorsque la communauté internationale s’est pleinement engagée à atteindre un but, des solutions créatrices peuvent être trouvées et les obstacles, financiers notamment, peuvent être surmontés. Depuis le début du siècle, le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans est tombé en dessous de la barre des 10 millions pour la première fois depuis près de 60 ans, pour passer ensuite en dessous de 9 millions. Le nombre de personnes vivant dans des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui bénéficient d’un traitement antirétroviral contre le sida est passé de moins de 200 000 fin 2002 à 3 millions, puis à plus de 4 millions, ce qui était impensable il y a 10 ans.

Le nombre de cas nouveaux de tuberculose a atteint un pic puis a commencé à baisser lentement mais régulièrement. Pour la première fois depuis des décennies, il y a des signes selon lesquels les tendances concernant le paludisme, qui n’ont cessé de se dégrader, pourraient s’inverser. La lutte contre les maladies tropicales négligées a continué à progresser de façon spectaculaire. À la fin de 2008, quelque 670 millions de personnes avaient bénéficié d’une chimiothérapie préventive dirigée contre l’une au moins de ces maladies. Le nombre de cas de dracunculose est tombé à un minimum jamais atteint et la maladie ne touche plus que quatre pays. Nous pouvons en conclure, me semble-t-il, que l’accroissement des investissements en faveur du développement sanitaire porte ses fruits. »

Leçons du passé

Selon le Directeur général de l’OMS, la responsabilité doit être mutuelle en matière de résultats. Ainsi, une aide satisfaisante doit honorer les priorités, les capacités et les responsabilités qu’ont les pays bénéficiaires vis-à-vis de leurs ressortissants. Une aide satisfaisante cherche à éliminer les motifs mêmes de son existence. Elle le fait par des investissements en faveur des capacités et des infrastructures nécessaires pour instaurer l’autonomie. Si l’aide n’a pas pour but explicite de parvenir à l’autonomie, on ne pourra jamais s’en passer. Or, pour des raisons évidentes, sortir de la dépendance à l’égard de l’aide contribue à l’équité entre les nations de façon fondamentale.

Margaret Chan dira : « L’équité et la justice sociale sont au coeur de la Déclaration et des objectifs du Millénaire. Ils ont toujours été l’objectif fondamental de l’approche des soins de santé primaires. Ainsi qu’il est précisé dans la résolution adoptée l’année dernière sur les soins de santé primaires, des principes tels que l’accès universel aux services, l’action multisectorielle et la participation communautaire constituent une base solide pour le renforcement des systèmes de santé. Dans toutes les Régions, de tous les objectifs du Millénaire pour le développement, ce sont les efforts faits pour réduire la mortalité maternelle et néonatale qui ont le moins progressé. Cela n’a rien de surprenant si l’on considère que ce type d’objectif ne peut être atteint quand les systèmes de santé ne fonctionnent pas correctement. »

Enfin Margaret Chan dira : « Nous avons échoué par le passé à nous acquitter correctement de cette tâche. Alors que nous abordons la dernière ligne droite, nous nous devons de revenir dans ce droit chemin. ». Il s’agit bien sûr de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Ibrahima Sangho/(Le Quotidien de Bamako-Mali)

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