Cour d’Assises de Bamako : 137 accusés dont 18 femmes à la première session 2010

Publié le par Oussouf DIAGOLA

La première session de l’année 2010 de la cour d’assises de Bamako qui s’étend du 20 mai au 15 juin  a débuté hier dans la salle « Me Boubacar Sidibé » de le la Cour d’Appel de Bamako. La cérémonie d’ouverture était présidée par le président de la Cour d’Appel de Bamako, Abdoulaye Issoufi Touré, en présence du Procureur Général près la cour d’Appel, Souleymane Coulibaly et plusieurs autres personnalités.

Selon le procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, Souleymane Coulibaly, le désengorgement des prisons est au centre des préoccupations du Ministre de la justice, Garde des Sceaux.Que c’est lui, qui s’implique personnellement pour mettre les moyens nécessaires pour la tenue régulière de ces sessions d’assises. 

« La meilleure façon de le remercier c’est de juger dans les règles de l’art le maximum de dossiers à temps pour permettre de transférer des détenus des prisons surpeuplées vers celles à faible population carcérale » a conseillé le magistrat Souleymane Coulibaly.

Des cas d’assassinat, d’infanticide, de viol, d’atteinte aux biens publics...

Au rôle de la présente session, 60 dossiers concernant 137 accusés pour la plupart détenus dont 18 femmes. La nature des affaires qui sont soumises à l’examen de la Cour est variée. Elle va des infractions contre les personnes (7 cas d’assassinat, 7 cas d’infanticide, 9 cas de viol, 3 cas de meurtre, 6 cas de pédophilie, 1 cas de parricide, 4 cas de coups mortels, 1 cas d’empoisonnement, 2 cas de trafic d’enfant et un cas d’attentat à la pudeur) à celles contre les biens avec 15 dossiers de vol qualifié ou d’association de malfaiteurs, deux dossiers d’atteinte aux biens publics et deux de faux et usage de faux.

 Le Procureur Général a affirmé que comme lors des précédentes sessions ; le triste constat est que la violence persiste toujours dans nos villes et campagnes avec son corollaire de morts et de blessés.

 «  Autant, rien ne peut justifier le fait de donner volontairement la mort à son prochain, autant, rien ne peut excuser les agressions contre les femmes et les enfants comme d’ailleurs il est inconcevable que certains refusent de travailler pour voler le fruit du labeur des autres ; et que dire de ces autres pour qui le détournement de deniers publics à coups de millions, pour ne pas dire à coups de milliards est devenu un jeu ? » a martelé le P.G Souleymane Coulibaly.

Actualités oblige. Le Procureur Général brossant la triste réalité de l’insécurité qui sévit dans nos villes à conseiller les juges de siège en ces termes : « Connaissant votre engagement dans la lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes, je demeure convaincu que les peines que vous serez amenés à prononcer seront très dissuasives et permettront de maintenir à l’écart et pendant une bonne durée tous ces individus nuisibles à notre société ».

Le représentant du Bâtonnier, Me Founèké Traoré, s’est réjouit de la tenue régulière des Assises. Mais regrette par contre dans ses différentes sessions l’augmentation des infractions des parricides et de la pédophilie.

Quant au président de la Cour d’Appel de Bamako, Abdoulaye Issoufi Touré, il dira que sur les 60 dossiers les 2/3 sont des infractions contre les personnes. Mais que la Cour ne faillira pas à son devoir. Ce qui est bien dit.

Boubèye Maïga/Le Quotidien de Bamako (Mali)

Publié dans Mali

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