AIr Mali sa : Une vingtaine de contrats non renouvelés

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Ce n’est pas le bout du tunnel pour une certaine catégorie de travailleurs de la compagnie Air Mali SA. Et pour cause, près d’une vingtaine d’agents (PNC) ont été mis à la porte après la fin de leur contrat alors qu’il y avait une possibilité de le renouveler. Leur contrat à durée limitée, qui est arrivé à terme à la fin du mois d’avril, pouvait être renouvelé puisque le besoin existe. Pour preuve, la direction de la compagnie a procédé à de nouveaux recrutements pour les mêmes postes et pour le même travail. Vengeance et règlement de compte sont les pratiques maintenant courantes à Air Mali Sa.

La liberté de revendiquer ses droits n’est pas une réalité à Air Mali Sa. Les travailleurs de cette compagnie gérée par une poignée de personnes qui ne connaissent rien du domaine de l’aviation, soufflent le chaud et le froid. Les observateurs pensaient qu’avec le récent mouvement de grève, la direction allait apporter un peu d’eau dans son vin en accordant le minimum de considération aux revendications du Personnel Navigant et Commercial (PNC) mais c’est le contraire qui a été constaté. La grève a produit son effet contraire. Aucune satisfaction à l’horizon. Pire, les principaux animateurs n’ont pas bénéficié d’un renouvellement de leur contrat parce qu’uniquement ils ont participé à la grève. La liberté syndicale, qui est un acquis de la lutte de tous les maliens dans les années 1990 – 1991 pour l’instauration d’un Etat de droit et la démocratie, est bafouée par les responsables d’Air Mali Sa, cela depuis plusieurs années. Le présent licenciement n’est que l’aboutissement d’un grand plan de liquidation de certains agents programmés depuis belle lurette. Bien avant, la direction mettait tout en œuvre pour mettre le bâton dans les roues des agents décidés à paralyser la compagnie pour non satisfaction de leurs doléances. Elle dissuadait et menaçait les travailleurs de licenciement et autres.

Mauvaise gestion du personnel

Nous le disions, dans l’une de nos récentes parutions que la compagnie Air Mali Sa souffre de la mauvaise gestion du personnel. La direction des ressources humaines est, selon nos sources, l’un des maillons faibles de la boîte. On licencie des agents, on les remplace par d’autres pour le même travail. Le hic dans tout çà est que les nouveaux agents ayant bénéficié de nouveaux contrats procèdent actuellement à une formation. Or les anciens n’en avaient pas besoin. Quel gâchis financier, c’est de l’argent public qui est en train d’être jeté par la fenêtre. La direction met de l’argent dans la formation de nouveaux agents pendant que les anciens, une fois leur contrat renouvelé faisaient l’affaire. Le financement de cette formation va obérer encore davantage les maigres ressources de la compagnie déjà en mal à cause de la mauvaise gestion et du manque de sérieux cela sur plusieurs plans.

Un règlement de compte

D’aucuns estiment que ce licenciement a un rapport avec le mouvement de grève qui a secoué la compagnie, il y a quelques semaines. Mecontents, les responsables de la direction ne sont pas allés par le dos de la cuillère. Ils ont tout simplement décidés de se débarrasser de certains agents devenus encombrant puisqu’ils demandent uniquement une amélioration de leur condition de vie et de travail. A rappeler que la direction de la compagnie leur a notifié, il y a de cela quelques semaines, que leur contrat qui arrivait à terme à la fin du mois d’avril 2010 ne sera pas renouvelé pendant qu’il avait une possibilité de le renouveler. Elle a été incapable (la direction) de leur dire les raisons pour lesquelles leur contrat ne sera pas renouveler. Ce que les uns et les autres ne comprennent pas c’est que les agents licenciés étaient les principaux animateurs du mouvement de grève qui a secoué la compagnie, il y a de cela quelques semaines. A signaler que parmi les licenciés, figure, selon nos sources les fils de deux anciens ministres qui ont juré de ne pas se laisser faire. Ils ont décidé d’engager un bras de fer avec les responsables de la compagnie par tous les moyens. Les jours à venir nous édifierons davantage.

Moussa Mamadou Bagayoko/L'Humanité (Mali)

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