Togo : La BTD au bord de la faillite

Publié le par La Rédaction

http://serveur.btd.tg/galerie_btd2/img/img1.jpgUne escroquerie creuse un trou de deux milliards dans les caisses

 

Fausses garanties et traites de cavalerie, complicité coupable ou naïveté impardonnable,  la Direction est indexée au premier chef ; le gouvernement risque le retrait de l’agrément par la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine. Nos révélations.

 

C’est un scandale qui risque d’emporter plus que la Direction de la banque togolaise de développement. Le 15 février dernier lorsque des huissiers ont mis à exécution une décision de justice : la vente aux enchères de biens de la Société togolaise de corps gras (SOTOCOG) au profit de Global Trade Service, une entreprise sénégalaise qui avait obtenu du Tribunal de Lomé un nantissement portant sur l’installation, l’aménagement, l’agencement, le matériel mobilier ainsi que les marchandises en stock, le droit au bail, la licence d’exportation, et les marques de fabrique tels que  définis par l’article 105 du code des affaires de l’OHADA (voir « La Dépêche » numéro 600 du 14 décembre 2011).

 

Les Faits

Un lot de cuves de conservation d’huile entreposées au Port autonome de Lomé était ainsi vendu au plus offrant malgré l’opposition de la BTD qui pensait avoir sur la marchandise une hypothèque donnée par le propriétaire à hauteur d’un milliard de francs CFA. Les huissiers sans sourciller, forts de leur droit avec l’autorisation N°2011 S04 83 du Tribunal de commerce de Lomé, bradaient ainsi pour quelques 201 petits millions un bien hypothéqué à la BTD à 1 milliard de franc.

 

Cette perte sèche vient s’ajouter à un premier crédit d’un montant égal tout aussi contracté par le même client contre, ironie du sort, des hypothèques sur un Titre foncier et des fonds de commerce qui selon certains dires le sont déjà auprès d’autres créanciers. C’est dire que pour un seul client la BTD risque une insolvabilité s’élevant à quelques deux milliards de francs CFA.

 

Si de telles situations arrivaient à être connues par deux ou trois clients, c’est un véritable gouffre financier qui se met alors en place sous les fondements de l’immeuble situé à l’angle des avenues des Nîmes et Nicolas Grunitzkyoù, où, on le sait, la nature des sols oblige les architectes à une fortification absolue des fondations. Si donc l’architecte qui a conçu la bâtisse  s’est montré assez prudent, loin s’en faut de la Direction de l’institution qui présentait des totaux de76 milliards de FCFA au 31 décembre 2010.

 

Le Commentaire

Il est en effet assez facilement décelable que la procédure obligatoire d’étude de toute demande de crédit, permettant d’apprécier au mieux l’impact de l’engagement sur ses finances, n’a pas bien fonctionné. Sinon comment comprendre que des professionnels puissent accepter une hypothèque sans expertiser sa valeur réelle et vérifier sa situation judiciaire. Les cuves du client indélicat étaient bien sous saisine et la valeur d’un milliard de franc auquel il a levé le crédit est surévalué à des hauteurs hors entendement. Des spécialistes, tels, entre autre Hassan Saegue l’acquéreur lors de la vente aux enchères estimaient entre 300 à 400 millions alors que le propriétaire avait réussi à le filer à la BTD pour un milliard net.

 

Dans les couloirs de l’institution bancaire, des confidences soulignent le désengagement de l’état du capital de la banque pourrait expliquer que certains responsables, avant l’acquisition des 57% par d’autres actionnaires et partenaires de référence, s’en mettent dans les poches. La procédure de privatisation enclenchée depuis un moment et dont la décision a été rendue publique le 2 novembre 2011 par un communiqué du gouvernement togolais, arrive à son terme avec notamment l’intérêt prononcé par le groupe Attijawarfa Bank qui aurait pris de solides contacts auprès de la Compagnie Financière CADMOS à Bruxelles chargée de l’étude des dossiers de candidature.

 

Pour l’état togolais qui entendait par ce processus de privatisation de « renforcer la capacité d’action des quatre banques concernées par la consolidation et la diversification de leur actionnariat tout en poursuivant l’assainissement du secteur bancaire » la partie s’annonce plus que délicate en ce qui concerne la BTD. Le Ministère des finances, voire le Premier ministre et pourquoi pas le chef de l’état lui-même qui, dit-on compte parmi ses proches, Zakari Darou-Salim Directeur de la BTD depuis plus de dix ans, doivent intervenir au plus vite pour clarifier cette situation qui n’honore pas le Togo.

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