Côte d’ivoire : Les trois défis à la Communauté internationale suite à sa tentative de confiscation du pouvoir

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Carte fanion RCIC’est un véritable mélodrame qui se joue sous nos yeux en Côte d’Ivoire depuis la défaite de Gbagbo au scrutin du 28 novembre dernier et sa tentative de confisquer le pouvoir. Les uns sont encore à se demander ce qui arrive à celui qui s’est toujours présenté comme un chantre de la démocratie et du respect des droits de l’homme. Quand les autres pensent que l’homme a perdu tout simplement le nord, enivré qu’il est par le pouvoir. Depuis que le peuple ivoirien lui a enlevé sa confiance par un vote massif pour son adversaire, le chef de l’Etat sortant se débat comme un fauve en captivité pour sortir de la situation inconfortable qui est désormais la sienne et qu’il a lui-même créée. Il est soutenu en cela par un groupuscule d’officiers appuyés sur une garde prétorienne. La communauté internationale à l’unanimité condamne la forfaiture de Laurent Gbagbo. Des menaces à la fois diplomatique et économiques, sont annoncées ici et là contre lui, ses proches et le Gouvernement illégitime qu’il a mis sur pied. Malgré tout, Gbagbo ne semble pas entendre raison. Il s’accroche, il s’entête. Face à cette attitude de défiance de Gbagbo et ses partisans, à la limite du suicide collectif, la Communauté internationale joue gros. Elle doit relever trois défis majeurs.

D’abord celui de sa propre crédibilité. L’ONU doit défendre sa crédibilité si elle ne veut pas être considérée comme « le grand machin » du 21e siècle. Elle s’est engagée à travers une opération d’envergure dénommée ONUCI, l’une des plus couteuses de l’histoire de l’organisation mondiale. Celle-ci, à la demande des protagonistes ivoiriens, a mis sur pied un mécanisme de certification de tout le processus de sortie de crise jusqu’à l’élection présidentielle. Des milliards de Franc CFA, argent du contribuable des pays membres de l’ONU, ont été engloutis dans ce processus. Le résultat est là. Une élection sécurisée, bien préparée à laquelle le peuple ivoirien a participé avec un taux record de plus de 84%. Fort de la bonne organisation et la certification des résultats donnés par la commission électorale indépendante, l’ONU a reconnu Alassane Ouattara comme étant le président légitime de la Côte d’Ivoire. Elle doit pouvoir se donner les moyens de faire respecter cette décision. Il y va de sa crédibilité.

Ensuite, le faisant, la communauté internationale sauve la démocratie tant en Côte d’Ivoire qu’en Afrique. C’est un devoir historique, impérieux de l’organisation mondiale de faire respecter la volonté des peuples dans tous les pays membres. Cela devra servir de leçon aux dictateurs sous les tropiques et enlever toute envie à des despotes en puissance de bafouer la volonté de leur peuple.
Enfin, la Communauté internationale, en empêchant Gbagbo de réussir son braquage électorale, empêche par la même occasion que son cas ne fasse pas école. Car, il sera facile pour tout dictateur de procéder à un hold-up électoral similaire et d’évoquer par la suite l’argument de souveraineté nationale ou d’ingérence aux affaires intérieures d’un pays. En tout état de cause, le président Obama des Etats-Unis a décidé de prendre des sanctions contre le régime illégitime de Gbagbo. Ainsi, «sa famille, son épouse, ses enfants, son entourage immédiat et toutes les personnes qui le maintiennent au pouvoir de façon illégale seront sanctionnés », a affirmé le porte-parole du Département d’Etat, Philip Crowley. « Le temps de la confiscation du pouvoir est révolu » a asséné le Secrétaire d’Etat adjoint américain.

(Le Patriote)

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