Un incendie ravage la bandothèque de l’Ortm

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Bandotheque.jpgLes programmes de l'ORTM étaient considérablement réduits dans la nuit  de lundi à hier mardi 27 avril. Beaucoup d'auditeurs et de téléspectateurs ont pensé à un mouvement de grève des agents de Bozola. Il n'en était rien. C'est plutôt la bandothèque, c'est-à-dire la salle des archives, qui avait pris feu. Un millier de cassettes ont cramé parmi lesquelles des discours  des anciens présidents Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré. Une perte pour l'histoire. Une enquête est en cours pour déterminer les causes de l'accident. Toutefois, les très mauvaises conditions d'archivage (vétusté et encombrement des locaux, manque d'aération et chaleur excessive), sur lesquelles l'attention de la direction générale a été, semble t-il, attirée depuis longtemps, en seraient la cause principale.

D'après Manga Dembélé, directeur de la télévision nationale "L'archiviste dit avoir senti une odeur de brûlure depuis la journée". Naturellement, cette information a été donnée aux techniciens, précisément aux électriciens. Ceux-ci ont procédé à une vérification qui n'aurait pas permis de détecter une panne sérieuse.    Mais en début de soirée, "on a constaté une fumée et on a fait sauter tous les compteurs" a confié Manga Dembélé. Puisque la bandothèque n'a pas de système d'aération, il était quasiment impossible de respirer dedans.  "Mais, heureusement, les sapeurs pompiers ont vite maîtrisé l'incendie si bien qu'il y a en plus de peur que de mal" a déclaré le directeur de la télévision nationale.  "La prudence nous recommande de réduire considérablement nos programmes quand bien même nos capacités techniques sont indemnes. Nous sommes obligés de mettre tout le réseau hors tension. Ce qui veut dire qu'il n'y a pas d'électricité et conséquemment, pas de programmes télé et radio" a indiqué Manga Dembélé.

    Mais une chose est sûre, même si les causes du sinistre ne sont pas, pour le moment déterminées, la grande chaleur qui prévaut actuellement doit y être pour quelque chose. Car, en dépit de la climatisation, qui est d'ailleurs défectueuse, la bandothèque ne dispose d'aucune source d'aération.  Un connaisseur de la salle d'archivage a confié qu'il a toujours été demandé aux premiers responsables d'accorder une attention particulière à la bandothèque mais, apparemment, elle semble être inscrite au chapitre de la négligence. Un autre, visiblement plus en colère de témoigner : "Au lieu de s'occuper des choses plus importantes, la direction met plutôt l'accent sur les véhicules 4x4 et leurs carburants au détriment de l'essentiel. Car, les archives sont ce qu'il y a de plus important pour une télévision".      Un autre interlocuteur n’a pas hésité à pointer un doigt accusateur sur le climatiseur qui, selon lui, serait à l’origine de l’incendie.                                                                         

   Dans tous les cas, d'après les témoignages que nous avons recueillis les pertes sont énormes. En effet, une bonne partie des discours des anciens présidents, Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré, a été consumée par le feu. Ce qui pose la problématique du transfert des éléments sonores archivés sur des supports numériquess. Au regard de ses moyens techniques, il est aujourd'hui, inadmissible que l'ORTM, une des télévisions africaines les mieux outillées, ne puisse pas accorder la plus grande attention à ses archives.

     La promptitude avec laquelle les soldats du feu" sont intervenus, n'a pu empêcher finalement d'enregistrer cette perte. Ainsi, selon le lieutenant Mamadou B Touré,  de la première compagnie des sapeurs pompiers. On a été prompt  à intervenir car, 8mn après l'alerte, on était sur les lieux. Nous avons été obligés de défoncer le climatiseur pour avoir un point d'attaque. Nous avons mis 30 mn pour venir à bout de l'incendie. Mais nous allons rester jusqu'à minuit pour surveiller le site. Nous avons vite maîtrisé le feu grâce à l'appareil respiratoire isolant qui permet d'intervenir dans le feu".

 A l'annonce de la nouvelle, les autorités politiques et administratives de la commune II se sont précipitées sur le lieu du sinistre pour s'enquérir de la situation.Nos yeux exercés ont également décelé la présence d’agents de la sécurité d’Etat. Plus tard, des ministres dont celui de la Communication se sont rendus sur place. Le dispositif sécuritaire ordinaire a été légèrement renforcé eu égard au caractère hautement stratégique de la structure.

Kassoum THERA/L’Indépendant

Publié dans Mali

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