Union Africaine (U.A) : Une nouvelle étape dans la construction de l’Afrique ?

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Nouveau drapeau UAEn Juillet 2000, dans la capitale Togolaise, une cinquantaine de Chefs d’Etat Africains réunis dans le cadre du sommet l’OUA officialisent la naissance de l’Union Africaine.

C’était après une session extraordinaire à la conférence des chefs d’Etat tenue à Syrte en Jamahiriya arabe libyenne le 9 Septembre 1999 au cours de laquelle il avait été décidé de créer l’Union Africaine conformément aux objectifs fondamentaux de la charte de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) et du traité instituant la communauté économique Africaine.

Ce grand pas en avant intervenait à un moment où les Africains ont pris conscience des limites réelles de l’Organisation (OUA) qu’ils ont créée en 1963.

Cette Union qui s’inspire du modèle en cours de construction en Europe (Union Européenne) vise à relever les nombreux défis auxquels l’Afrique est confrontée, en tenant compte des réalités socio-politiques, économiques que connaît le monde actuel. L’Union Africaine vise aussi à instaurer un partenariat entre les gouvernements et toutes les composantes de la société civile, en particulier les femmes, les jeunes et le secteur privé afin de renforcer la solidarité et la cohésion entre les peuples.

Avec de nombreux conflits en Afrique, il s’agira désormais de créer des conditions de paix et de stabilité, de sécurité afin de promouvoir le développement et l’intégration.

Il s’agira aussi de promouvoir et de protéger les Droits de l’Homme et des Peuples, de consolider les institutions et la culture démocratiques, de promouvoir la bonne gouvernance et l’Etat de droit.

Parmi les nombreux objectifs de l’Union, on peut, entre autres, citer la réalisation d’une plus grande unité et de la solidarité entre les pays et les peuples d’Afrique :

- la défense de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance des Etats membres ;

- la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité sur le continent ;

- la participation populaire et la bonne gouvernance ;

- la promotion du développement durable, aux plans économique, social et culturel ainsi que l’intégration des économies africaines ;

- la promotion de la coopération et du développement dans tous les domaines de l’activité humaine, en vue de relever le niveau de vie des populations africaines.

Mais au-delà de ces objectifs, la véritable nouveauté se situe au niveau de la création d’un Parlement Africain, d’une Cour Africaine de Justice, d’une Banque Centrale Africaine, d’un Fonds Monétaire Africain et d’une Banque Africaine d’Investissement.

Avec ces différentes institutions, si elles venaient à fonctionner réellement un jour, l’Afrique pourrait bénéficier de conditions réelles pour un développement durable et une véritable Union.

Le cadre juridique pour une Union est bien définie, mais c’est sur le terrain que les difficultés pourraient surgir. Déjà à la création de l’OUA en 1963, beaucoup d’Africains s’étaient mis à espérer. Mais une décennie après les indépendances, l’Afrique connaissait une situation des plus délicates avec des crises économiques, des conflits meurtriers, des exodes massifs de populations. Bref, une donnée qui ne cadrait pas du tout avec les objectifs fixés par l’Organisation de l’Unité Africaine.

Aussi, pour éviter de tomber dans le même « canal du blocage », l’Union Africaine, qui dispose d’un outil juridique à la hauteur de ses ambitions, se doit aussi de créer les conditions d’une réelle volonté de « combat » pour l’unité et de développement du continent.

Cette volonté au niveau des hommes qui dirigent le continent, des populations qui y habitent, des institutions chargées de conduire cette action d’envergure, doit être soutenue et renforcée à un moment où le scénario de la re-colonisation pointe à l’horizon.

 

Hamid Sidibé/26 Mars (Mali)

Publié dans Afrique

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