Un réseau de narcotrafiquants démantelé à Kidal

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Etat major Conjoint Algerie Mali Mauritabnie Niger Rappel des faits: dans la nuit du 31 décembre 2009, un accrochage meurtrier avait eu lieu  entre deux groupes de narcotrafiquants dans la zone de Bouraïssa, située à 240 km au Nord – Est de Kidal. Le premier groupe, considéré comme des rançonneurs, des passeurs, des trafiquants de drogue, était composé exclusivement de Touaregs originaires de Kidal, liés à la grande famille Kounta de Baba Ould Sidi Elmoctar de Anefis. Ce groupe, dirigé par un certain Halid Ag Mohamed, maîtrise bien les couloirs de passage de la drogue et prélève régulièrement des dîmes sur les marchandises transportées. C’est un commerce florissant, qui enrichit de plus en plus les membres de cette association. Le second groupe était formé d’Arabes, tous de Tilemsi (cercle de Bourem). Eux aussi ont la réputation d’exceller dans le transport de la drogue.

Les deux communautés se connaissent parfaitement. Elles respectent une loi non écrite, établie entre eux, une sorte de gentlemen’s agreement. Le premier groupe ne cessait de majorer le montant que le second devait obligatoirement payer pour faire passer sa drogue. Agacés par cette boulimie des Touaregs et de leurs alliés, les Arabes ont donc décidé de ne plus se soumettre à ce diktat. C’est ainsi qu’ils ont refusé de verser 30 millions de dinars algériens réclamés par les autres. Résultat: un affrontement violent, voire meurtrier, a éclaté entre eux. Bilan: 2 morts (un de chaque côté), 1 blessé, deux voitures détruites et 10 tonnes de drogue emportées par les Touaregs et alliés.

Les conséquences de cette situation ont débouché, entre autres, sur l’enlèvement du chef des Kountas, le nonagénaire Baba Ould Sidi Elmoctar, le vendredi 22 janvier à Anefis, cercle de Kidal, par des Arabes trafiquants de drogue. Car les propriétaires de la marchandise retirée avaient appris qu’elle avait été bazardée à vil prix à des Egyptiens, au Tchad.

Mais, en réalité, en plus des Egyptiens, des Libyens avaient également acheté une partie du produit illicite, sans s’acquitter de la totalité du montant convenu. Le deal n’a donc pas été respecté par les bandits libyens. Cependant, ils ont emporté la drogue, laissant deux membres de leur groupe entre les mains des narcotrafiquants maliens. Le reliquat tardant à venir, ceux-ci ont donc décidé de séquestrer les deux Libyens. Finalement, l’un d’entre eux est décédé en brousse, à en croire nos sources, très crédibles. L’autre a été conduit dans la ville de Kidal, menotté, et séquestré dans un lieu sûr. De temps à autre, les ravisseurs amenaient un téléphone au Libyen pour communiquer avec un membre de son réseau, en lui enjoignant d’apporter le reliquat de la somme convenue, sinon ses jours seront comptés. Il n’y a eu aucun résultat. Au contraire, les différents appels ont permis aux enquêteurs, tant  du côté libyen que malien, d’entamer des investigations minutieuses et sérieuses. Ce qui a permis  à la gendarmerie d’arrêter les trois Touaregs et de découvrir le cabanon  de Kidal dans lequel était caché le compatriote de Mouammar Kadhafi.

Le quatuor, composé de Ablil Ag Albachar, Yayia Ould Mahmoud Kounta, Cheikh Meina alias Zarkan, les trois Maliens, et de Fathi Yussouf, le Libyen,  est attendu à Bamako ce week-end, pour être mis au secret dans un lieu sécurisé. Avant d’être écoutés par un magistrat, en l’occurrence le Procureur Sombé Théra, qui a déjà en charge le fameux dossier de «Air Cocaïne.ml », qui a atterri en décembre 2009 à Terkint, cercle de Bourem. Ni les occupants, encore moins la marchandise, n’ont été retrouvés à nos jours. A suivre.

Chahana Takiou/22 Septembre

Publié dans Mali

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