TOGO : Une conjonction dangereuse pour la stabilité des institutions de la République

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Faure GnassingbeLe dernier baromètre de la corruption de transparency international place le Togo à la 111ème place sur 180 pays. Et pour cause, l’éclosion incessante d’hommes d’affaires véreux, capable de créer des interférences régulières dans l’application des décisions de justice. Force est de constater que la récurrence de scandales à répétition confirme désormais des faits avérés de corruption et de trafic d’influence. La justice togolaise devient ainsi le talon d’Achille du redressement économique du pays, et ce, en dépit de tous les efforts consentis par le gouvernement pour remettre notre cher pays sur les rails du développement.

Monsieur ABDELAH, Directeur Général de la société AGIRIS, établissement spécialisé dans le domaine de la sécurité et du gardiennage est au cœur d’un réseau qui intervient dans plusieurs affaires d’escroquerie et de grand banditisme, par des faits de corruption et de trafic d’influence, pour perturber l’exécution régulière des décisions de justice. De part son comportement, il illustre bien la gangrène qui ronge le paysage de la justice au Togo.

Repris de justice, plusieurs fois interpellé, jugé et condamné, Monsieur ABDELAH est fichier au grand banditisme, avec un casier judiciaire bien chargé dans des affaires de trafic de stupéfiants, braquage à mains armées de banque, d’escroquerie…

Jugé dangereux par la France, ce multi récidiviste sera condamné par les autorités judiciaires de son pays d’accueil et expulsé à vie du territoire national et de l’espace SHENGGEN. Cette information est facilement vérifiable auprès du ministère de l’intérieur Français et de l’ambassade de France à Lomé. Récupéré par certains officiers supérieurs et personnalités officielles douteuses, au mépris des principes du code de la nationalité de notre pays, il réussira à obtenir la nationalité togolaise sur de fausses déclarations. L’enquête de moralité effectuée à cet effet a été biaisée par ses protecteurs et complices pour lui accorder ce précieux sésame, position qui lui permettra d’exercer des activités mafieuses au profit de son réseau. Si non, comment a t’on pu délivrer un décret de naturalisation à un dangereux délinquant de sa trempe ? En plus, comment les autorités togolaises ont-elles délivrées un agrément à l’infréquentable ABDELAH,  pour exercer dans une activité aussi sensible que la sécurité et le gardiennage ? Comment comprendre qu’on puisse donner les clés de la maison au voleur ? Pire, selon des informations dignes de foi, la société AGIRIS travaille occasionnellement dans le mercenariat et le recyclage d’agents extérieur.

Sa dernière prouesse est son intrusion dans l’affaire SOTOCOG (Société Togolaise des Corps Gras), société appartenant à son frère MOHAMED. Encore et toujours une affaire d’escroquerie, cette fois ci  d’un montant de plus de 230  millions de francs CFA, préjudice subit par un créancier de nationalité Sénégalaise. Saisi par ce dossier, la justice togolaise à ouvert une instruction et à ordonner, dans l’état actuel de la procédure, une saisie conservatoire de certains actifs de la SOTOCOG. Avec le concours de son complice de toujours, un certain Monsieur KINI, connu des services et de la justice togolaise, il exerce une grande pression sur les agents de la force publique dument affectés à l’exécution des saisies confiées à l’Huissier de justice Maître KPATCHA ESSODJOLO. Ce dernier est ainsi empêché d’exercer son mandat.

Il est important de souligner ici que Monsieur KINI est le mari de Maître SODJI, avocate de Monsieur MOHAMED. En fait, dans le réseau, la mission de ABDELAH est le trafic d’influence, puisqu’il se targue toujours d’avoir l’aval et le soutien inconditionnel du Chef de l’Etat et de certains officiers supérieurs des FAT, dont certains émargent dans sa société. Monsieur KINI joue un rôle de « contre-huissier » dans le réseau, en intervenant en permanence quand il faut empêcher un huissier de justice règlementairement investi d’une mission de saisie par la justice.

MOHAMED, également repris de justice, multi récidiviste, n’est pas à son premier coup d’essai. Il a laissé une ardoise de 10 milliards de francs CFA à la BIA, de 400 millions de francs à la SIAB, de 900 millions de francs à la BTD. Il est également impliqué dans des affaires douteuses dans plusieurs établissements bancaires de la place. Actuellement, une plainte au pénale déposée par la SGB (Société Générale de Banque du Benin), contre Monsieur MOHAMED est encore pendante auprès du juge d’instruction, pour un préjudice subit par la banque d’un montant de 4 milliards de francs CFA pour abus de confiance.

Plusieurs autres fournisseurs et sociétés sont aujourd’hui victime de cet escroc international, usant toujours du même mode opératoire.

A l’instant où nous mettons cet article sous presse, MOHAMED laisse au contribuable togolais et au trésor public un passif de près de 15 milliards de francs CFA. Ces montants détournés sont transférés à l’extérieur, notamment en Algérie et en Europe, hormis ce qui revient à la pègre locale. Nous donnerons dans un prochain article, des précisions sur les comptes bancaires extérieurs sur lesquels les fonds sont déposés.

Dans les mêmes conditions que Monsieur ABDELAH, Monsieur MOHAMED régulièrement inculpé, condamné et emprisonné par la justice togolaise dans une affaire de corruption de fonctionnaire du ministère du commerce a fini également par obtenir la nationalité Togolaise, avec la bénédiction des hommes du réseau. Cela leur permet d’opérer tranquillement et de se partager le butin de guerre.

En utilisant les noms des plus hautes autorités au sommet de l’état, celui des magistrats, du procureur, et des officiers supérieurs des FAT, Monsieur ABDELAH et ses complices mettent en péril tous les efforts consentis par le Chef de l’état et son gouvernement pour redorer le blason du Togo, en faisant de lui un Etat respectable et respecté par les nations développées.

Nous interpellons le premier magistrat en tant que garant des institutions républicaines, notamment de la justice et de la sécurité de notre pays pour que justice soit faite. Ces malfrats, aux comportements douteux, doivent être traduits devant les tribunaux, déchus de leurs nationalités frauduleusement acquises, et les fonds en question rapatriés au Togo.

Cette impérieuse démarche consolidera les efforts consentis par le Président de la république pour épurer le Togo des délinquants à col blanc qui ne doivent plus avoir des positions privilégiées dans notre société…au risque de mettre en danger, un jour, comme à BISSAO, la stabilité de nos institutions. Ceux qui incarnent la République se doivent absolument d’observer un comportement moral personnel sérieux et respectueux. Il y va de la crédibilité de leur chef.

A bon entendeur, salut…

Le Justicier

Publié dans Afrique

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