THAILANDE : Les "chemises rouges" déterminées malgré les morts

Publié le par Oussouf DIAGOLA

 

Les-chemises-rouges.jpgLes "chemises rouges" affichent leur détermination à mener jusqu'au bout leur combat pour des élections anticipées au lendemain de heurts avec les forces de l'ordre qui ont fait 20 morts à Bangkok.

Les partisans de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, majoritairement issus des classes populaires, occupent depuis un mois plusieurs quartiers de la capitale pour réclamer la dissolution du parlement et le départ du chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva, soutenu par l'armée et l'élite royaliste.

La confrontation, longtemps pacifique, a dégénéré en batailles de rue samedi, des violences sans précédent depuis 18 ans qui ont pris fin lorsque les forces de sécurité se sont repliées dans la soirée.

Dimanche, le calme est revenu dans la capitale. Le Skytrain, métro aérien qui parcourt la métropole de 15 millions d'habitants, a rouvert avec un service restreint, évitant le quartier des grands magasins occupé depuis plus d'une semaine par les protestataires.

Les médias ont toutefois rapporté qu'environ 500 opposants s'étaient de nouveau rassemblés devant un relais de la station satellite Thaicom au nord de Bangkok, où ils avaient tenté vendredi de mettre fin à la censure d'une chaîne d'opposition.

Le gouvernement a chargé un proche conseiller du Premier ministre de prendre contact avec les protestataires afin de trouver une sortie de crise mais les "chemises rouges" ne semblaient guère disposées au compromis.

"NOUS NE NÉGOCIONS PAS AVEC DES ASSASSINS"

"Le temps de la négociation est terminé. Nous ne négocions pas avec des assassins", a déclaré à Reuters un chef de file du mouvement, Weng Tojirakarn. "Nous devons continuer le combat. Nous ne renoncerons pas. Les militaires vont revenir."

Samedi, les troupes thaïlandaises ont tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes en direction des "chemises rouges", qui ont répliqué avec des grenades, des armes à feu et des cocktails Molotov. L'armée a également reconnu avoir tiré à balles réelles, mais "en l'air et en état de légitime défense".

Quatre soldats et un caméraman de Reuters, Hiro Muramoto, 43 ans, figurent parmi les tués.

Des centaines de manifestants ont en outre envahi les bureaux gouvernementaux dans deux villes du nord du pays, signe d'un risque d'extension du mouvement d'opposition.

Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence mercredi, après que des opposants ont fait une brève incursion dans l'enceinte du parlement, contraignant des responsables à prendre la fuite en hélicoptère.

Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva est arrivé au pouvoir en 2008 grâce à un vote parlementaire, après la dissolution du parti favorable à Thaksin qui dirigeait le pays. Les "chemises routes" lui reprochent son manque de légitimité.

Thaksin a été déposé lors d'un coup d'Etat en 2006. Il vit en exil depuis 2008 pour éviter de purger une peine de prison pour corruption, mais reste populaire auprès des couches modestes de la population, en particulier dans les campagnes, pour avoir mis en place un système de soins médicaux à faible coût ou un réseau de microcrédit dans les villages.

 

Reuters

 

Publié dans Monde

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