Société : Edm-sa encaisse ses factures mais les délestages doublent d’intensité

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Place Independance BamakoDans un communiqué laconique, diffusé il y a peu par voie de presse, la Direction Générale d’EDM exhortait les abonnés à s’acquitter de leurs factures. Sous peine de se retrouver dans la pénombre. Résultat : une bousculade monstre devant les guichets des Agences EDM.

Au même moment, les délestages doublent d’intensité. Ils durent, parfois des heures. Parfois près de 24 heures dans certains quartiers. Surtout, périphérique. Pourtant, au Burkina-Faso où, il n’y a ni fleuve Niger, ni barrage de Sélingué ou de Manantali, il y a moins de délestage. Ici, pour avoir un compteur d’électricité, il suffit de débourser 7.500 francs CFA, contre 150.000F CFA au Mali. Et si on y ajoute les dessous de tables, exigés par les Agents pour l’installation du compteur, on frôle 200.000 francs CFA. Mieux, l’électricité est plus chère au Mali qu’au Burkina-Faso. Ce qui explique le manque de compétitivité du secteur industriel malien, face à celui de la sous-région.

Bref, en dépit des sacrifices consentis par les abonnés, la Société Energie du Mali reste fidèle à la tradition des délestages. Pour combien de temps encore ? En tout cas, les bailleurs de fonds sont suffisamment avertis de la gestion de cette société, d’où leur hésitation à financer certains de ses grands projets comme la station de pompage d’eau de Kabala.

Pour rappel, à sa reprise par Saur International, après quelques années d’agonie, les Maliens avaient dit : Alléluia ! « Nous sommes, enfin sauvés ! », avaient-ils ajouté, le sourire aux lèvres. Mais jamais leurs factures d’eau et d’électricité n’ont été aussi salées. L’augmentation des tarifs d’eau et d’électricité, considérée à l’époque comme le seul palliatif au délestage, était passée par là. S’en suit, une légère baisse des tarifs, initiée par le gouvernement, sous la pression des syndicats et des Associations de consommateurs.

Après le retrait de Saur International du capital d’EDM-SA, la « Boîte à lumière » revient dans le giron national. Avec l’Etat, comme actionnaire majoritaire.

Les Maliens ont, de nouveau applaudi à se rompre les phalanges. Même si la baisse des tarifs, n’est pas au rendez-vous. « Maintenant EDM-SA nous appartient. Il nous revient à nous Maliens, d’en faire une Société Nationale », s’écrient nos concitoyens, fiers du retour de la Société Energie du Mali dans le giron étatique. Mais quelques mois après, c’est la consternation : délestages sauvages, racket des abonnés par les Agents d’EDM, surfacturations à la pelle etc.

Jean pierre James/ Le Quotidien de Bamako

Publié dans Mali

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