RD Congo : La Grande Bretagne complice du pillage des ressources naturelles et la corruption qui l'accompagne

Publié le par Oussouf DIAGOLA

L'organisation Global Witness accuse la Grande-Bretagne de refuser de signaler à l'ONU les entreprises britanniques susceptibles d'acheter des minerais à des groupes armés de la République démocratique du Congo (RDC).
L'ONG, qui dénonce le pillage des ressources naturelles et la corruption qui l'accompagne, a annoncé, lundi, qu'elle avait saisi la justice britannique du dossier.
Le gouvernement britannique agit dans l'illégalité en refusant de recommander, en vue des sanctions ciblées de l'ONU, les entreprises et individus britanniques qui font le commerce de « minerais du conflit » congolais.
Dans sa requête, l'organisation argue que Londres « transgresse ses obligations légales internationales ».
En vertu de deux résolutions, adoptées en 2008 et en 2009, l'ONU prévoit des sanctions contre ceux qui achètent du minerais extrait de mines contrôlées par les rebelles congolais, notamment ceux des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Des rebelles sanguinaires
Certains membres des FDLR, rebelles hutus du Rwanda, ont participé au génocide rwandais, qui a fait environ 800 000 morts en 1994 selon l'ONU.
La LRA, originaire d'Ouganda, mais qui sévit aux confins de la RDC, du Sud-Soudan et de la Centrafrique, se spécialise dans l'enlèvement d'enfants. Elle transforme les garçons en tueurs et les fillettes en esclaves sexuelles.
« Le lien entre les ressources naturelles et le conflit au Congo est bien connu », rappelle l'ONG. Des groupes armés qui contrôlent le commerce de minerais tels que l'étain et le tungstène utilisent les fonds pour acheter des fusils et financer leur violente campagne contre les civils. »
Les résolutions des Nations unies reconnaissent que les entreprises qui s'approvisionnent directement ou indirectement dans la région constituent une partie du problème.
Global Witness dit disposer de « preuves édifiantes » démontrant que des sociétés britanniques « ont soutenu des groupes armés en RDC en achetant des minerais dans des régions sous leur contrôle ».
L'ONG se base notamment sur le rapport du Groupe d'experts des Nations unies sur la RDC, qui incrimine notamment l'Amalgated Metal Corporation (AMC) et un dirigeant d'Afrimex.
Elle dénonce les arguments fournis par Londres, qui a dans un premier temps soutenu que les résolutions de l'ONU n'avaient pas d'effets rétroactifs, puis jugé les preuves insuffisantes.
Global Witness déplore également que le gouvernement britannique manque de « procédure solide » pour enquêter sur les entreprises soupçonnées.
Londres se fait rassurant
Le ministère britannique des Affaires étrangères a réfuté les accusations de Global Witness. « Le gouvernement britannique attend des compagnies britanniques opérant dans le secteur minier en RDC qu'elles suivent les meilleures normes de contrôle et fassent tous les efforts pour vérifier l'origine des minerais qu'elles achètent », a assuré le Foreign Office dans un communiqué.
Le ministère ajoute qu'il examinera sérieusement toute information selon lesquelles ce ne serait pas le cas.
Face à un fusil, que peut-on faire ? (La guerre et la militarisation du secteur minier dans l'est du Congo)

Radio-Canada

Publié dans Afrique

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