Marcel Zang prix du "Nouveau Talent Théâtre" SACD 2010

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Marcel-Zang.jpgLe prix SACD 2010 "Nouveau Talent Théâtre" vient de m'être attribué. J'en suis heureux. Cette récompense - et cette marque de reconnaissance - tout à fait inattendue survient au moment même où je m'apprêtais à tourner définitivement la page du théâtre pour le roman. C'est qu'une inquiétante lassitude commençait à me gagner à ne jamais voir mon nom figurer sur un répertoire français de théâtre contemporain et, plus encore, de n'avoir eu le bonheur d'assister jusqu'ici et depuis dix ans à une seule création professionnelle d'une de mes quatre pièces éditées chez Actes Sud-papiers, alors même que le vide de la scène est le support du jeu théâtral et son espace la finalité de son écriture. Au fil du temps cette frustration s'est doublée du sentiment que la littérature dramatique devient de plus en plus, sinon de mieux en mieux, un art mineur, la cinquième roue d'un carrosse ivre, le parent pauvre d'un théâtre grasseyant - où l'écrivain n'a de cesse de se coltiner des questions autres que celles de l'écriture, et de se frotter à un monde autre que ceux qui sont habités par la scène et le jeu; où l'écrivain dépend bien souvent de la frilosité ou de l'extrême souplesse des metteurs en scène et, surtout, du pouvoir des bailleurs d'espace et de fonds, tout comme des desiderata des politiques et autres "fonctionnaires" du milieu; où l'écrivain, disons enfin l'auteur, aliène sa prière des commencements et sa liberté de création en devant continûment se plier à un "service avant-vente" et autres "réseautages" forcenés. Ce prix est cependant bienvenu et me fera peut-être revenir sur ma vision d'un certain théâtre en France, puis permettra d'ouvrir enfin, je l'espère et sait-on jamais, quelques portes menant à la création de mes pièces, et notamment du  Programme . Mais ça c'est une autre histoire !
C'est Joël Pommerat, dont j'aime le style, qui reçoit le grand prix "Théâtre".
La remise des prix aura lieu le lundi 14 juin à 18H30 dans les salons de la SACD à Paris.
Mes remerciements vont naturellement à ceux de la profession dont les suffrages se sont portés sur moi, alors même que je ne suis pas un homme de théâtre, au mieux un autodidacte, que je ne me suis jamais senti des leurs, tout en sachant que l'amour a besoin du frisson de l'écart pour s'accomplir... Et une pensée à Bernard-Marie Koltès, à qui je dois le goût du texte dramatique et, aussi, à Claire David, la directrice des éditions Actes Sud-papiers qui a toujours su me soutenir.

Marcel Zang
Écrivain, auteur dramatique, poète 

Publié dans Diaspora

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