Mali : Toujours pas de cours dans l'enseignement supérieur depuis maintenat 2 mois

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Univerte BamakoDifficile, vraiment difficile de cerner les motivations réelles des syndicalistes de l’enseignement supérieur. Jamais, une situation revendicative concernant le corps des enseignants n’a été aussi tendue et difficile à résoudre comme celle menée par les actuels patrons du SNESUP. Lesquels, en dépit de leur « honteuse » grève illimitée ne veulent prêter oreille à aucun médiateur même, la société civile avec le Haut Conseil Islamique. Plus, ils balayent, chaque fois, avec un revers de main, les propositions de sortie de crise, sinon de poursuite de négociations, proposées par le gouvernement. A son actif, l’on dénombre plus d’une demi-dizaine de rejet d’avis de réunion interministérielles relatifs à la relecture des Statuts des enseignants et des Chercheurs.

Au regard de la chronologie des négociations enclenchées entre le gouvernement et le SNESUP, une évidence saute à l’œil, la crise de confiance. Celle entretenue par les syndicalistes à l’encontre du Gouvernement.

D’abord, après avoir amené le gouvernement à donner son accord sur la satisfaction de 3points sur les 4 proposés (ce qui constitue d’ailleurs un grand progrès) ,les syndicalistes, parce que leur interlocuteur a tardé dans la matérialisation de la rencontre devant statuer sur la relecture du statut du personnel enseignant-chercheur, ont observé une grève de 72 heures puis brusquement, l’illimitée depuis plus de mois.

Malgré, des médiations, appels et invites aux réunions, les responsables du SNESUP comme des « guérilleros » sont restés figés sur leur position. D’ailleurs, ne voulant plus prendre mot avec les ministres en charge de leurs questions, les responsables du SNESUP ont obligé le chef du gouvernement à constituer une Commission interministérielle mais aussi à mener un audit pour la satisfaction diligente et pérenne de leurs points de revendications.

Mine de rien, les responsables de SNESUP, tout en maintenant leur grève illimitée, ont rejeté tous les avis de réunions de cette commission interministérielle, pour ensuite adresser des correspondances à l’A.N et au Président de la République. C’est ainsi que la commission Education de l’AN, croyant à la bonne foi des syndicalistes, a demandé aux parties la continuation des négociations. Pour combien de temps ?

Pas pour longtemps, car dès l’entame des travaux (13 mai 2010), le SNESUP a repris son sport favori : rejet en bloc des propositions du gouvernement, même les moins importantes, qui n’ont en réalité aucune incidence sur le succès des travaux. Par exemple pour la phase de la relecture, si le gouvernement propose un temps de 10 jours, le SNESUP évoque 4jours.Sile gouvernement initie un atelier sur la question, celui-ci, tout en rejetant la proposition cherche toujours la petite bête, en réfutant la présence du SNEC...

En clair, il serait plus agréable et responsable pour le SNESUP d’observer une trêve à sa grève illimitée tout en continuant les négociations au sein de la Commission interministérielle, sinon toute autre action est assimilable à une fuite en avant et une prise en otage sans fondement de l’école Malienne.

Moustapha Diawara/Le Quotidien de Bamako (Mali)

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