MALI : Les investisseurs français attendent les promesses du Medef

Publié le par Oussouf DIAGOLA

 

Le Carte-du-Mali-vert.jpg(CIFAM) lors de sa réunion tenue du 9 au 10 février 2009 s’était vu faire l’insigne honneur de compter parmi les participants une délégation du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) international comité Afrique, de la Banque Mondiale et de l’Agence française de développement (AFD). Des confidences de président du comité Afrique du MEDEF, Patrick Lucas, l’on retient essentiellement les intentions de son mouvement de voir leurs investissements à la hausse au Mali. Une déclaration qui est restée sans suite en ce qu’elle n’a eu, de cette date à ce jour, aucune répercussion positive dans le secteur des affaires au Mali.

Du 9 au 10 février 2009 avaient eu lieu les travaux du Club des investisseurs français au Mali. La réunion de clôture était présidée par le président du Comité Afrique de Mouvement des entreprises de France international comité Afrique, Patrick Lucas et non moins directeur général de Gras Savoye avec à ses côtés le président de CIFAM, Serge Lepoultier et Michel Roussin de l’entreprise Bolloré. Elle a enregistré la présence d’une vingtaine de participants aux profils d’entreprises très diversifiés.

Patrick Lucas et sa délégation avaient foulé le sol malien pour voir auprès d’entrepreneurs français qui ont eu le courage de s’installer au Mali, les opportunités d’investissements dans le but de les porter à la connaissance d’autres investisseurs potentiels.

Comme ce n’est pas ce qui manque au Mali, les participants avaient eu droit à de brillants exposés présentés sur les opportunités d’investissements, notamment sur l’agro-alimentaire et le tourisme.

Spécialiste dans l’agro-alimentaire au Mali depuis 45 ans, Cyrille Achkar, avait, en son temps, fustigé le manque de résultat dans les réunions du MEDEF avant d’avertir qu’on ne pourra jamais parler de développement au Mali sans l’agriculture et l’élevage. A ce propos, il avait estimé que les investissements devraient porter sur l’irrigation et autres usines d’aliment bétail. C’est fort de ces raisons que son entreprise a sollicitées, sans succès, l’expertise d’ingénieurs français en agro-industrie. Ce qui suppose l’impérieuse nécessité d’investir dans la culture du blé à au Mali. Chose qui pourrait considérablement résorber l’importation de farine qui coûte des sommes excessives.

Le tourisme malien qui doit être en adéquation avec la demande actuelle avait aussi occupé une place prépondérante dans les exposés. L’installation des éco campements ou éco lodges et un bateau de croisière avaient été envisagés. Pour réussir le pari de donner un coup de piston à ce secteur, il avait été établi la nécessité d’une passerelle entre les entrepreneurs locaux et de nouveaux investisseurs ; une passerelle entre le secteur privé et les bailleurs et un appui inconditionnel du gouvernement malien sur les projets.

Pour mémoire, le président Lucas n’avait-il-pas laissé entendre qu’ils « étaient au Mali, conformément à la devise du CIFAM » : « Agir ensemble ».

Il avait aussi confié que « Beaucoup reste encore à faire pour les investisseurs français, puisque la présence française dans le secteur minier est insignifiante. Les entreprises françaises devront investir dans le pétrole, le gaz ou d’autres ressources naturelles. L’énergie solaire et les énergies renouvelables sont aussi des potentialités non exploitées ».

Pour sortir les différents secteurs du marasme, Patrick Lucas avait promis de s’investir aux fins d’orienter d’éventuels investisseurs dans lesdits domaines au Mali. Ce, avait-il soutenu, en réparation du paradoxe de l’intérêt français déclinant pour le continent malgré les  liens historiques entre la France et l’Afrique et en particulier le Mali.

A l’analyse du volume des investissements français qui n’ont, vraisemblablement, pas bougé d’un iota, il convient de conclure sur un bluff du président du Mouvement des entreprises de France international comité Afrique, Patrick Lucas qui n’était venu, certainement, qu’en promenade de santé. Toutes choses qui confirment  le manque de résultats dénoncé par Cyrille Achkar.   

Abdoul Karim Maïga/L'Indicateur du Renouveau

 

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