Mali : La sempiternelle question sur la tenus des scrutins en 2012

Publié le par Oussouf DIAGOLA

http://img.zigonet.com/magazine/point-d-interrogation_5133_w560.jpgIl y a des images rafraîchissantes, des images qui parfois valent plus que de l’or parce que consacrant et asseyant la conviction qu’un pays est en paix, en paix avec lui-même mais aussi avec ses dirigeants. De ceux–là celles d’Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré se donnant l’accolade, un certain 8 juin 2002. De ceux là aussi, aux obsèques de Bongo Ondimba, les deux plus grands fils du Mali se tenant debout ensemble et témoignant pour le pays.

 Chacun en a tiré fierté et gloire et même ceux qui n’aiment pas le Mali ont convenu de sa grandeur et de sa maturité démocratique. Tout cela n’a été possible que parce que ses responsables sont respectueux des lois qu’ils s’étaient données, respectueux des lois de la République. Il faut donc récidiver, laisser une chance au Mali et pour cela rester sourds aux sirènes de tous bords, résister aux clans, aux pressions de ceux qui, in fine, ne roulent que pour eux mêmes. Il s’agit d’un certes exercice difficile mais doit-on douter d’un dirigeant qui a prouvé que s’il savait venir, sait aussi partir, la tête haute ?

Surtout ne pas céder. Or des sources concordantes font état de multiples tentatives pour faire dévier de la trajectoire en incitant le locataire de Koulouba à prolonger son mandat à la tête de l’Etat, avec pour conséquences   de faire prendre de gros risques au pays et le ramener au rang des républiques bananières. Deux opérateurs économiques ayant réussi à coloniser par leur puissance d’argent le parti au pouvoir s’apprêtent à décerner au chef de l’Etat une distinction honorifique, une manière détournée de l’amener à leurs vues.

En réalité, ils veulent l’acheter et se l’inféoder. Eux qui ne représentent, en vrai, que leur seule personne n’ont mandat ni pour distinguer un chef d’Etat ni pour dicter l’orientation politique du pays. D’ailleurs le monde des affaires a fait savoir sa protestation. Nous apprenons aussi que de très nombreux parlementaires et élus locaux, contre espèces sonnantes et trébuchantes, sont prêts à donner leur onction au plan et, par la même, jouer, pour leur compte propre, les prolongations. Ils le feraient, semble t-il, même en cas d’avis contraire de leur parti et de leur leader. Nos sources font du reste état du voyage en cours de certains d’entre eux à l’étranger à l’invitation d’un chef d’Etat qui, s’inscrivant lui aussi dans cette logique, voudrait obtenir leur allégeance.

On sait comment. D’autre part, des hommes politiques influents dans des partis essentiels, tirant les conclusions de ce qu’une prorogation –prolongement - multiplication du mandat actuel leur accorderait le temps nécessaire pour gagner des positions supplémentaires et même, cyniquement, attendre patiemment que le temps mette hors jeux des prétendants sérieux, des joutes à venir, s’agitent dans l’ombre, fourbissent leurs stratégies.

Les joutes à venir ? Les réformes institutionnelles initiées ne peuvent logiquement, à moins de forcer le destin, être conduites à leur terme, faute de temps, d’argent et de consensus, pour servir de levain à une faute politique. La composante Ravec, malgré ce qu’on en dit, est loin des résultats annoncés. Dés lors, les partis et les leaders d’opinion doivent faire bloc pour arracher ATT des mains d’aventuriers. Ne pas se taire comme pour pousser à la faute. Aujourd’hui, il a besoin de l’accompagnement de tous pour garder le pays intact, il a besoin de « Soudoubaba » pour « Soudoubaba », pour la paix, la quiétude et la crédibilité de la cité, tout simplement. Oui, les élections générales de 2012 auront lieu parce qu’Att n’est ni Tandja, ni Dadis encore moins Gbagbo ou Ben Ali. Il est notre ATT, il aime son pays et c’est un Vrai.

Le Républicain

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