Mali : la fin de mandat d'ATT cause du soucis aux partenaires internationaux du pays

Publié le par Oussouf DIAGOLA

ATTDans leur conclusion, concernant la revue du Cscrp et la préparation de la Srp 2012-2016, lundi 7 juin dernier, au Centre international de conférences de Bamako,  les partenaires techniques et financiers ont posé la question : ‘’ Le mandat du président de la République s’achève en 2012 alors qu’il est recommandé d’amorcer dès septembre 2010 la préparation du Cscrp qui est prévue pour la période 2012-2016.

Est- il opportun que les autorités actuelles préparent le Cscrp II dont elles ne seront pas comptables à terme ? En posant cette problématique, les bailleurs de fonds sous entendent qu’il n’est pas opportun de continuer les programmes gouvernementaux, en l’occurrence, le Pdes, le Cscrp… si l’exécutif doit changer après les élections de 2012. De toute façon, il n’est plus question d’épiloguer sur le troisième mandat d’ATT, puisque le président de la République, Amadou Toumani Touré, après avoir maintes fois sollicité la confiance des populations sur son intention de ne plus se présenter comme candidat, a exprimé, le 8 juin dernier, sa lassitude d’en parler. Pourtant cette question des bailleurs de fonds reste très suspecte. Elle peut être interprétée comme leur souhait de voir l’équipe qui doit diriger les prochaines Cscrp s’inscrire dans la continuité politique des programmes du gouvernement actuel, en particulier du Pdes du président de la République.

La question est d’autant plus inquiétante que les amis d’ATT, dont notamment les militants du Mouvement citoyen (M.C.), veulent créer leur parti politique sous le sigle du Pdes. De ce fait, ils s’inscrivent, ont-ils annoncé, dans la continuité des actions du chef de l’Etat. Dans cette mouvance, l’on est fondé à penser que le futur parti du M.c. est une émanation de la volonté du président de la République et des bailleurs de fonds, pour mettre en place un président de la République conforme à la vision du Pdes. Cette question des Ptf peut être considérée comme une injonction dans la politique de notre pays. D’autant plus que c’est un secret de polichinelle que l’Occident a souvent dicté à l’Afrique ses dirigeants. En outre, après la question relative à la fin du mandat du président de la République, les Ptf avaient, lundi dernier, abordé celle des financements.

C’est à ce titre qu’ils ont indiqué : ‘’ des investissements dans les secteurs sociaux clés sont de nature à accélérer la croissance et réduire la pauvreté. Outre l’éducation et la santé, secteurs traditionnels de focalisation des efforts, des actions en matière de lutte contre la malnutrition, de réduction des inégalités de genre, sont de nature à permettre au  Mali de réduire rapidement et fortement la pauvreté dans toutes ses dimensions. Comment prendre en compte de façon plus conséquente ces aspects ? Ne faut-il pas les inscrire comme des axes stratégiques de la prochaine Srp ? Des études ont été réalisées avec des recommandations précises sur la protection sociale et les filets sociaux.

Que compte faire le gouvernement de ces travaux, y a-t-il une volonté de mettre en place rapidement un mécanisme au Mali en la matière et dans quels délais ? ‘’ En se posant toutes ces questions sur la volonté effective du gouvernement de poursuivre l’état de la mise en œuvre du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté, les bailleurs de fonds semblent se demander si le changement de président de la République est souhaitable, dans la mesure  où, ont-ils dit, les autorités actuelles ne seront pas comptables de la préparation  du Cscrp de 2012-2016, puisque le mandat d’ATT s’achève en 2012. La question reste troublante.

Baba Dembélé/Le Républicain

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