Mali : « L’Adéma PASJ connaît un problème de candidat consensuel pour 2012 »

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Mohamedine Dicko, a affirmé haut ce que beaucoup de ses camarades pensent tout bas. Selon le président d’honneur de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma/PASJ), « l’Adéma PASJ n’est pas très uni autour du choix du candidat pour la présidentielle de 2012 ».

 

Lors d’une conférence-débat, organisée par les jeunes de la sous-section Adéma de Quinzambougou le samedi dernier au siège de la section Adéma de la commune II, autour du thème : « l’historique et l’identité du parti », le conférencier du jour, Mohamedine Dicko, président d’honneur du parti, a posé un diagnostic sans complaisance de la première force politique du Mali. Pour lui, le parti n’a pour l’instant aucune assurance pour rééditer l’exemple de 1992 où le choix du candidat Alpha Oumar Konaré en 1992 n’a souffert d’aucune divergence de vue. Avec une expérience ministérielle et un charisme sans conteste, celui-ci l’avait emporté face aux autres prétendants.

 

Dix ans plus tard le parti aura perdu de sa superbe en ne parvenant pas, à la présidentielle de 2002, à sortir un candidat interne consensuel. « Ce qui a contribué à diviser le parti que ça ne l’a renforcé » a rappelé le transfuge du Miria. Qui ajoute que le soutien apporté par certains camarades au candidat indépendant à l’époque, Amadou Toumani Touré se justifie par le fait que ce dernier soit lié à plusieurs caciques de l’Adéma par l’histoire de la lutte démocratique.  Ils ont, a expliqué le président d’honneur du parti de l’Abeille, en grande partie côtoyé l’homme à la prison au camp para de Djicoroni pendant les moments chauds et après le 26 mars 1991. Et en 2007, il ne pouvait en être autrement puisque les résultats du questionnaire adressé au peuple Adéma pour recueillir les avis sur le choix du candidat ont confirmé qu’il n’était opportun de présenter un candidat en 2007 contre ATT.

 

Les démons de la division rodent encore

En ce qui concerne la présidentielle de 2012 pour laquelle beaucoup réclament une candidature interne au parti, le président d’honneur de la Ruche se veut prudent : « Avoir un candidat interne n’est pas une chose facile. Il faut un esprit de reconnaissance de valeurs politiques. Certes, depuis 1992 à nos jours, notre parti représente 32 à 35% de l’électorat malien, mais jusque là on n’est pas aussi uni pour opérer le choix d’un candidat consensuel. Vous les militants, réfléchissez sur les modes de choix du candidat ; et après, aidez-le à se faire accepter par tous ! ».

 

Ces propos du président d’honneur de l’Adéma n’augurent pas un avenir radieux pour le parti. D’ailleurs, ils n’enlèvent rien  aux menaces d’implosion - relatives au choix de candidat -qui planent sur le parti à l’aune des élections générales de 2012. Depuis une décennie, le parti ne cesse de connaître des saignées liées à l’épreuve du choix de candidat. Déjà en 2000, c’est l’histoire de candidature naturelle qui a coûté cher  au président de l’Adéma de l’époque, Ibrahim Boubacar Keïta, poussé à la sortie lors d’une conférence du parti pour échapper à un complot planifié par les rénovateurs, menés par Soumaïla Cissé. Celui-ci fera à son tour les frais d’une nouvelle division en 2002 quand bien même il fut désigné candidat officiel du parti lors d’une convention. En 2007, l’ancien 1er vice-président, Soumeylou Boubèye Maïga, qui avait roulé pour ATT 5 ans plus tôt, fut à son tour exclu du parti pour s’être porté candidat contre l’avis général au sein de la Ruche.

A deux ans de l’échéance attendue, les propos du président d’honneur du parti, Mohamedine Dickoi ne rassurent pas le président Dioncounda Traoré qui pense que 2012 est le tour de l’Adéma, et le sien. D’autres, à l’image de Lanseni Balla Keïta…, pensent la même chose. Donc, une menace d’implosion n’est pas jusque là à écarter.

Abdoulaye Diakité/L'Inidicateur du Renouveau

Publié dans Mali

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