MALI : Du rififi au sein de direction de la police nationale

Publié le par Oussouf DIAGOLA

 

Niame-Keita.jpgEntre les policiers et les chauffeurs de Sotrama, on a assisté ces derniers temps à une période de tension qui a perturbé la circulation pendant quelques jours. Le chauffeur Mamadou Coulibaly a été abattu. Pendant que les tensions n’étaient pas encore apaisées, samedi 13 Mars vers 16 heures au carrefour de Daoudabougou non loin de l'ambassade d'Algérie, un policier a eu une altercation avec un chauffeur de Sotrama. Cela a ravivé les tensions. Heureusement, l’intervention des autorités des syndicats des Sotrama a permis d’apaiser la situation.

 

Aux environs de 21 heures, le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protectioncivile, le général Sadio Gassama, a présidé une réunion de crise en présence du Directeur général de la Police nationale, contrôleur général Niamé Kéïta. Après avoir entendu le rapport des faits, les autorités compétentes ont condamné l’acte commis par l’agent de police, qui en aucune manière ne devrait porter la main sur un usager de la route. Et le directeur général de la police de nous indiquer que l’agent fautif était en train de subir des traitements, et serait vraisemblablement sanctionné pour cet acte qui n’honore pas les porteurs d’uniforme surtout la police.

 

Sous réserve de la sanction qui sera infligée au policier incriminé, le fait que la police ait reconnu son tort a été un motif de satisfaction pour les syndicats des transporteurs ont décidé de reprendre le travail le lendemain de l’incident. 

 

Ces épisodes ont suivi une vaste campagne médiatique sur la recrudescence de l’insécurité dans la ville de Bamako. Le battage médiatique fut intense, créant une véritable psychose dans la capitale. Le laxisme de la police était mis en avant dans les critiques de la presse. Les autorités ne sont pas restées indifférentes à la situation. Le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile Général Sadio Gassama a eu des rencontres avec les responsables des services de sécurité pour trouver une solution. Il a donné des consignes fermes d’efficacité à ses troupes. L’ORTM diffuse en ce moment les numéros des services de sécurité pour inviter les citoyens à appeler en cas de besoin.

Cette campagne ressemble à une cabale pour faire de l’actuel directeur de la police Niamé Keita, un bouc émissaire. Des individus tapis dans l’ombre, ont peut-être jurés d’avoir sa tête. Ils ont mobilisé la presse pour faire croire que la ville est mise en coupe réglée par les bandits. Tout le monde y a cru.

Niamé Keita, qu’on l’aime ou pas, est un policier qui aime son travail. Et qui ne ménage aucun effort pour la bonne marche de son service. Il est présent sur le terrain pour constater les mauvais comportements des policiers dans la circulation. Dieu sait que les policiers se comportent mal dans la circulation. Tous les citoyens le savent. Les policiers n’hésitent pas à prendre de petites sommes pour laisser les auteurs des infractions poursuivre leur chemin.

 

Les rondes de Niamé Keita ont permis, tout le monde peut le témoigner, de mettre les policiers de la circulation au travail. La police fait bien son travail pour rendre la circulation fluide et faire en sorte que les embouteillages ne soient pas un calvaire pour les usagers de la route. Cela est visible aujourd’hui partout à Bamako. Les policiers sont vraiment dévoués. Ceci est à mettre au crédit au directeur de la police.

 

Curieusement, c’est le moment où il fait de bons résultats qu’on fomente des complots pour le déstabiliser. Le ministre Sadio Gassama aussi crée des conditions pour humilier Niamé Keita en le livrant à la vindicte de la troupe. Par exemple lors d’un rassemblement à l’Ecole de police, le 20 mars dernier, l’homme aurait passé un mauvais quart d’heure sous les critiques et les quolibets des autres policiers devant le ministre Sadio Gassama.

 

Si ce n’est pas une façon de l’humilier pour le pousser à la démission, ça y ressemble. Or si quelqu’un doit démissionner, c’est bien Sadio Gassama lui-même. Il doit reconnaître qu’il a échoué. On assiste à la valse des directeurs à la tête de la police. Mais lui Sadio Gassama reste toujours à son poste. Tous ces directeurs ne peuvent pas être des gens incompétents. Par exemple lors des événements qui ont suivi la défaite du Mali contre le Togo le 27 mars 2006, le directeur de la police et celui de la gendarmerie ont été démis de leurs fonctions. Or c’est le ministre lui-même qui devrait rendre le tablier. Mais au lieu de prendre son courage à deux mains en reconnaissant sa faute, il a cherché et trouvé des boucs émissaires.

La Rédaction

 

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