Mali : 388,09 milliards de CFA détournés sous la présidence d'ATT

Publié le par Rédaction

ATT interrogatifLe décompte est implacable. Il émane d’un document que s’est procuré notre rédaction. Rédigée dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire de la révolte populaire qui a abouti à la démocratie multipartiste, la lettre adressée à ATT, tire le bilan de la gestion du chef de l’Etat sur sa gestion globale à la tête du pays depuis 2002. "La corruption a aujourd’hui atteint dans notre pays un niveau jamais égalé. Encouragé par l’impunité totale garantie par le chef de l’Etat en personne, ce fléau est en train, lentement mais sûrement de compromettre le devenir du Mali". Avec ce ton ouvertement accusateur, la lettre adressée à ATT dénonce "cette attitude inacceptable d’un chef d’Etat", attitude qui, aux yeux du FPR, "constitue purement et simplement une insulte au peuple malien". Pour le FPR, la mentalité selon laquelle le chef s’interdit d’humilier des chefs de famille n’est ni plus ni moins qu’un aveu d’impuissance et d’incapacité à lutter contre la corruption. Et pour M. Mariko, quiconque adopte un tel message se disqualifie pour porter une politique anti-corruption, car il n’aura fait que mettre tout simplement "des œillères irresponsables et coupables". "Le laxisme, la complicité du chef de l’Etat face au phénomène de la corruption a atteint son paroxysme le 5 février 2011", lit-on dans le document, qui précise qu’à cette date "ceux qui organisent et planifient l’assassinat économique du Mali" avaient décidé de décerner une médaille "celle de la honte" (sic) à S. E. M. Amadou Toumani Touré "en remerciement de sa protection". Pour Bakary Mariko donc, cet acte "est moralement scandaleux, politiquement injustifiable et juridiquement indéfendable". Véritable réquisitoire contre le chef de l’Etat, le document l’accuse de "complicité, de laxisme et de manque de courage" avant d’affirmer que Amadou Toumani Touré "a trahi le Mali de l’après 26-Mars en le laissant se transformer en un pays de corruption à ciel ouvert sur fond d’impunité totale. Un pays ni autorité, ni visage, ni message, ni idée". Pour le FPR, "le président Amadou Toumani Touré et son gouvernement ont lamentablement échoué dans la gestion globale du pays" et particulièrement pour ce qui est de la lutte contre la corruption.

Les Echos

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