Le Ministre de l’éducation supprime le Certificat d’études primaires (CEP)

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Salikou-Sanogo.jpgLe ministère de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales a entrepris une reforme spectaculaire dans le cadre des évaluations de fin d’études scolaires. Le certificat de fin d’études du premier cycle de l’enseignement fondamentale (CFEPCEF), communément appelé CEP (certificat d’études primaires), qui sanctionnait le passage de la 6ème à la 7ème année, a été supprimé.

L’application de ces reformes commence dès cette année scolaire. Depuis quelques mois, le ministère s’attelle à la vulgarisation de cette reforme au niveau des différents partenaires de l’école.

Pour une large information de l’opinion publique nationale, le ministre de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales, Pr. Salikou Sanogo, accompagné d’une forte délégation de son département, a rencontré la presse, le 9 avril 2010 à la maison de la presse. Ces mesures visent à répondre à des recommandations du forum national sur l’éducation qui, a expliqué le ministre, a émis le vœu de la suppression du CEP et la crédibilisation du DEF.

Il faut souligner qu’après l’adoption de la loi d’orientation sur l’éducation en 1999, le CEP n’avait plus de valeur juridique dans le système scolaire malien. Le Mali indépendant avait déjà ignoré dans sa reforme de 1962 cet examen de passage du 1er cycle au 2ème cycle.

C’est un décret du 20 avril 1970, modifiant celui de 1962, qui avait introduit ce mode d’évaluation. Les grandes orientations du programme décennal de l’éducation (Prodec) avaient prévu, depuis 1999, l’organisation de l’enseignement fondamental en un bloc unique de 9 ans.

Cela afin de garantir à tous les enfants du pays un minimum éducatif solide. En décembre de cette même année, la loi d’orientation sur l’éducation établit que l’enseignement fondamental est sanctionné par le DEF et ne fait aucunement mention du CFEPCEF.

Le département de l’éducation a révélé qu’à l’issue de concertations avec les différents acteurs et partenaires de l’école (syndicats d’enseignants, APE, UNEREC, CAP, académies, etc.) sur la problématique de la suppression, il s’est avéré que cet examen est largement dépassé par les méthodes nouvelles d’évaluation mais aussi altéré par des pressions de la part des familles. La suppression, souligne le ministre Sanogo, est toutefois garantie par un contrôle interne que chaque école est tenue d’assurer.

Par contre, l’examen du DEF se renforce. En plus des matières habituelles (dictée et questions, mathématiques, rédaction, physique et chimie et anglais), les élèves subiront à l’examen la biologie, l’histoire et géographie, l’éducation civique et morale (ECM) et l’éducation physique et sportive (EPS).

Au niveau du baccalauréat, chacune des séries se verra ajouter 2 à 4 nouvelles matières. Au DEF tout comme au Bac, tout élève ayant une moyenne supérieure ou égale à 10 à l’examen sera admis en classe supérieure. Les candidats ayant obtenu une moyenne comprise entre 9 et 9,99 à l’examen verront leur moyenne annuelle prise en compte pour leur passage.

Le ministre a expliqué que ces reformes visent à répondre à l’exigence de qualité prônée par le Prodec et le Pise (programme d’investissement sectoriel pour l’éducation) pour le système éducatif. Comme mesure d’accompagnement de la reforme, le ministre envisage la création de 20 nouvelles académies et centres d’animation pédagogique (CAP) dans les 3 ans à venir, la transformation des CAP en inspection de l’enseignement pour plus de contrôle, la formation général des maîtres et leur formation en technique d’évaluation, etc. Toute la chaîne de contrôle et de supervision de l’éducation sera mise à défi, promet le ministre Salikou Sanogo.

Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le ministre n’a fait que choisir entre deux maux. Les évaluations dont le C.E.P. était porteur, représentaient, à n’est pas en douter un vrai stimilus pour les enfants en classe de 6 ème année. Mais avec le nombre pléthorique, cet examen a tout perdu de son lustre d’autres fois. L’évaluation ne se faisant plus comme il se devait autant supprimer une source de dépense qui n’apportait plus rien au système, ni à l’élève.

Seydou Coulibaly/Le Républicain

Publié dans Mali

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