Le Mali et la Mauritanie se donnent la main pour lutter contre AQMI

Publié le par Oussouf DIAGOLA

http://www.rmibiladi.com/fr/images/photo%20pou%204.jpgAprès des mois de brouille, l’on assiste progressivement à la reprise des relations diplomatiques entre le Mali et la Mauritanie. Cela n’étonne guère. En effet, le processus de réchauffement en cours est non seulement en conformité avec les liens historiques entre les deux peuples, mais il se justifie également dans la prise de conscience que la lutte contre le terrorisme passe par le resserrement des liens et l’unité d’action entre pays sahéliens.

On s’en souvient, le 22 février dernier, la Mauritanie avait rappelé son ambassadeur à Bamako, pour « consultation ». Nouakchott avait alors "dénoncé" la remise en liberté au Mali de quatre islamistes (algériens, burkinabè et mauritanien) dont la libération était exigée par la branche maghrébine d’Al-Qaïda (AQMI). A l’époque, la Mauritanie était farouchement opposée aux échanges et paiements de rançon. Pour elle, cela pourrait conduire dans un engrenage qui profiterait plutôt aux terroristes dont le chantage se poursuivrait indéfiniment. Il n’empêche, quelques mois plus tard, les Mauritaniens ont su œuvrer de manière beaucoup plus active à la libération des otages espagnols dans les conditions controversées qu’on sait.

Nul ne peut, de façon isolée, triompher dans la lutte contre le terrorisme. C’est sans doute dans cette perspective qu’il faut placer les retrouvailles entre Nouakchott et Bamako. La séparation ne pouvait durer d’autant plus que les hommes d’AQMI eux, ne dorment pas. Bien au contraire, ils intensifient les actions et se font plus exigeants. Pour preuve, ils viennent encore de frapper au Niger. Ainsi, sept personnes travaillant pour les groupes français Areva et Satom (groupe Vinci) ont été enlevées hier jeudi. Ces retrouvailles entre Mauritaniens et Maliens ont donc trop pris du temps. Pourtant, tout récemment à Bamako, les experts en matière de sécurité avaient insisté sur la nécessaire collaboration. Sans aller jusqu’à dire que la brouille entre Bamako et Nouakchott a été quelque peu préjudiciable à cette conjugaison des efforts, il reste que bien des choses ont pu être retardées. Il faut éviter ce genre de sautes d’humeurs et ces griefs épisodiques. Ils gênent les experts dans leur travail et profitent en fait à AQMI et ses alliés, d’autant que le Sahel constitue un espace immense. La lutte doit donc être gérée de manière stratégique et concertée.

Avec les retrouvailles entre Mauritaniens et Maliens, on peut dire que Nouakchott a fini par se rendre compte que la ligne de démarcation est bien mince. Il faut, en effet, éviter d’être figé, et, surtout d’étaler au grand jour ses dissensions sur ce type de dossier. Car on fait le jeu du terrorisme. Certes, l’intérêt supérieur de la nation peut inciter à prendre certaines décisions, mais l’essentiel n’est-il pas de se mettre ensemble pour contrer la pieuvre que constitue le terrorisme à travers AQMI ? Le terrorisme a suffisamment divisé les pays du Sahel qui ne peuvent en venir à bout en restant chacun dans son coin. Et puisque tout le monde est concerné, il faut admettre que seule la solidarité paie. C’est pourquoi il faut faire en sorte de renforcer les liens avec l’Algérie qui constitue à la fois une base arrière pour différents groupes rebelles et des fractions du terrorisme d’AQMI, et un allié incontournable de la lutte qui se mène contre une myriade d’organisations de déstabilisation. L’Algérie, sorte de bastion inexpugnable dans cette lutte enclenchée contre le terrorisme, ne doit pas rester en dehors de la lutte.

En fin de compte, les retrouvailles entre Bamako et Nouakchott sont, il faut l’espérer, les prémices d’une véritable union sacrée contre le terrorisme dans le Sahel. Surtout que Al-Qaida a l’art de dresser les pays, les uns contre les autres. Mais puisque l’on manque de ressources pour traquer les terroristes, sachons au moins nous entendre pour préserver le maximum de vies humaines tout en menant une lutte acharnée contre les ennemis de notre sécurité.


Le Pays (Burkina)

Publié dans Mali

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