Le Mali deuxième pays le plus tracassier après le Sénégal en terme de prélèvements illicites d'après l'Observatoire des pratiques anormales sur les corridors inter-états

Publié le par Oussouf DIAGOLA

4415902267_6969088802.jpgLe corridor Bamako-Dakar est, dorénavant, le plus tracassier en terme de rackets pratiqués par les agents en uniforme (policiers, gendarmes, douaniers) et les agents chargés de la perception de la taxe sur la surcharge. Il supplante ainsi, avec un grand écart, le corridor Ouagadougou-Bamako considéré naguère comme étant le plus éprouvant. L'Observatoire des pratiques anormales, qui dresse ce constat dans son 10ème rapport, qui vient de paraître, ajoute que le corridor Bamako - Dakar demeure le plus dense avec 39 arrêts par voyage, soit un ratio de quatre arrêts aux 100 km.

Cette situation, indique t-on, est imputable à la partie sénégalaise du fait du nombre élevé de barrières sur son tronçon qui, à lui seul, enregistre 28 barrières par voyage contre 11 du côté malien.

En effet, le corridor Bamako-Dakar capitalise des montants exorbitants de perceptions illicites de l'ordre de 55 480FCFA par voyage, soit 5439FCFA rackettés aux 100km.

Pour les indicateurs de taux de rackets et de temps de contrôles, le corridor Bamako-Dakar est le plus cher et le plus lent à traverser. Il se hisse au sommet des tronçons routiers inter-Etats les plus entravants au commerce sous-régional. Et s'agissant des rackets, l'OPA n'est pas tendre avec notre pays.

 

Et pour cause : en ce qui concerne les agents percepteurs de la taxe sur la surcharge, la normale est constatée dans les autres pays sauf au Mali où les rackets de ces agents représentent 18% et 21% des montants extorqués respectivement sur les corridors Ouagadougou-Bamako et Bamako-Dakar.

 

L'Observatoire des pratiques anormales(OPA) classe le Sénégal en tête des pays où les niveaux de rackets aux 100 km sont les plus élevés. Pour ce pays, la gendarmerie est en tête des rackets, suivie de la police et de la douane. Le Mali vient en deuxième position dans le classement des pays à fort racket suivi du Burkina, puis du Togo et enfin du Ghana.

Au Mali, la police est surtout montrée du doigt, suivie des agents percepteurs de la taxe sur la surcharge, de la gendarmerie et de la douane. Alors qu'au Burkina et au Ghana, le couple douane et police est le plus racketteur. Au Togo, c'est la police et la gendarmerie qui persécutent le plus les camionneurs.

La gendarmerie, la police, la douane et les agents percepteurs de la taxe sur la surcharge accusent des niveaux de responsabilité plus ou moins élevés selon les pays.

Toujours selon ce 10ème rapport, la gendarmerie et la police sont les corps qui ont le plus sévi au cours du quatrième trimestre 2009. Comme en témoignent l'ampleur et la hauteur de leurs niveaux de racket.

 

L'objectif recherché au niveau de cet indicateur étant d'atteindre le niveau de "prélèvement illicite zéro". Il est plus qu'urgent d'appuyer avec insistance sur la sonnette d'alarme afin que cessent les rackets orchestrés par ces forces de l'ordre sur l'ensemble des corridors.

Par ailleurs, le dernier rapport de l'OPA fait état d'une certaine avancée contrairement au précédent rapport. Pour cause: le dernier trimestre de l'année 2009 s'achève avec des résultats satisfaisants traduits par des baisses généralisées au niveau de tous les indicateurs de pratiques anormales sur l'ensemble des corridors suivis par l'OPA. Plus précisément, les taux de rackets ont chuté de 18,42%, de même que le nombre de postes de contrôle et les retards induits par les contrôles qui ont respectivement chuté de 8,11%, et 18,51% par rapport au trimestre précédent sur l'ensemble des corridors.

 

L'Observatoire des pratiques anormales, pour rappel, sur les axes routiers est une émanation de l'UEMOA et de la CEDEAO mise en place en 2005 avec l'appui des USA et du programme des politiques de transport en Afrique subsaharienne dont l'objectif est l'instauration d'une bonne gouvernance routière sur les axes routiers de l'Afrique de l'Ouest.

AbdoulayeDIARRA/L'Indépendant

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