L'opposition dans le gouvernement : consensus ou marché de dupes ?

Publié le par Oussouf DIAGOLA

IBK-doigt leveLa participation de l'opposition au gouvernement continue d'alimenter les débats dans les différents états - major politiques. On parle déjà du retour à une nouvelle version du consensus, un mode de gestion du pouvoir dont l'initiateur est le président de la République, Amadou Toumani Touré. Beaucoup d'entre nous avaient cru en 2007 que le consensus avait pris fin avec la bataille électorale. " Le consensus n'est pas un mariage à vie ", confiait alors Amadou Toumani Touré à nos confrères de Jeune Afrique - numéro n°2414 du 15 au 21 Avril 2007. À l'époque, nous étions à quelques jours du 1er tour de l'élection présidentielle largement emportée par le camp du président sortant. Ainsi, il y a une majorité composée des partis membres de l'Alliance pour la démocratie et le Progrès (ADP) et une opposition. Le fait majoritaire a prévalu lors de la formation du 1er gouvernement du second mandat. Cependant depuis quelques jours, le débat sur une éventuelle rentrée de l'opposition dans le gouvernement fait rage. " En plus d'être un ami, un partenaire de longue date, Tiébilé Dramé est le gendre de mon prédécesseur, le professeur Alpha Oumar Konaré, auquel je voue un profond respect. Je n'avais donc aucune raison de lui faire du tort", déclarait ATT dans le même J A. Pour rappel, car un rappel est toujours utile, le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena) fut partie des alliés de taille du Président ATT pendant son premier quinquennat. Au moment où d'autres partis politiques, à l'instar du Rassemblement pour le Mali d'Ibrahim Boubacar Keïta, critiquaient des choix du locataire de Koulouba comme la signature du très controversé accord d'Alger, Tiébilé Dramé apportait son précieux soutien au chef de l'Etat. Tout allait bien entre les deux hommes jusqu'au jour où le N° 1 du Parena a fait l'objet d'une enquête judiciaire dans le cadre de l'Organisation du sommet Afrique -France en 2005. Une insulte à la dignité d'un homme exemplaire, au parcours honorable à tous les égards, alors que des ripoux connus pour leur médiocrité circulent en toute impunité. Depuis lors, le ''divorce'' était consommé entre les deux ''amis''. Le gendre de l'ancien président Alpha Oumar Konaré, un des initiateurs et fervents animateurs de l'ADP, rejoint les rangs de l'opposition. Difficile d'imaginer donc, dans le contexte actuel, un Tiébilé Dramé en train de travailler sous les ordres d'un certain Modibo Sidibé contre lequel il a de bonnes raisons de nourrir des états d'âme, parce que celui-ci serait le commanditaire de la malveillante procédure judiciaire déclenchée contre lui. D'ailleurs, les responsables du Parti du Bélier Blanc ne ratent aucune occasion pour demander la peau de l'inspecteur général de police Une rentrée dans le gouvernement Tiébilé Dramé suppose le départ de Modibo Sidibé de la Primature. Mais, nous sommes en politique où c'est justement l'impossible qui est ….possible. Quid du RPM d'Ibrahim Boubacar Keita ? Il ne tire pas beaucoup de dividendes de sa participation au gouvernement qui a souvent été une arme pour retourner ses cadres contre leur parti. Durant le 1er mandat d'ATT, certains cadres qui, grâce à la bénédiction du parti, ont eu à assumer des hautes fonctions, ont fini par lui planter le coup de jarnac. Le RPM a toujours payé chers sa participation à l'équipe gouvernementale avec des divisions qui ont entraîné des départs. Ce qui a davantage contribué à affaiblir les positions des Tisserands. A l'exception notable du très restreint cercle de ses fidèles lieutenants, El Hadji Ibrahim Boubacar Kéïta a perdu beaucoup d'hommes dans ce singulier jeu d'intérêts. Des histoires de nominations, surtout à des fonctions de ministres ont été à l'origine des fractures. Pour un IBK qui ne fait pas mystère de ses ambitions pour 2012, la vigilance doit être de mise. Et la Sadi de l'éternel opposant Oumar Mariko ? Parmi tous les partis de l'opposition parlementaire, force est de tirer le chapeau au parti de l'ex - leader estudiantin, sans doute le plus ''pur'' dans sa ligne de conduite. La Sadi est sur tous les fronts avec des critiques aussi sévères. Mais comme nous a confié, il y a un an, un responsable du mouvement démocratique: ''Une opposition qui dit que si je ne fais pas attention, je ne serais pas dans le prochain gouvernement, n'est pas une opposition''

Chiaka Doumbia/Le Challenger

Publié dans Mali

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