Lundi 7 juin 1 07 /06 /Juin 08:52

Carte du Mali vertIl y a à peine deux ans que le président de la République, Amadou Toumani Touré, dans sa grande générosité, a cru bon de nommer Iyad Ag Aghaly, un ancien rebelle, comme conseiller consulaire à Djeddah. Peine perdue!

Tout le monde  a positivement apprécié cette promotion, bien que l'intéressé n'ait pas les compétences requises. Tout le monde mettait  cette élévation au compte d'une gestion politique de la situation sécuritaire dans la région de Kidal. Puisqu'Iyad Ag Aghaly est peint comme étant le grand manitou des bandits armés de Kidal. Il jouait à l'entre deux chaises.

En effet, cet indomptable de l'Adrar des Ifoghas poussait les Bahanga, Fagaga, Oumar Bah et autres Hamada Ag Bibi à s'attaquer aux symboles de l'Etat, à tuer les militaires, à couper les routes en dévalisant les paisibles citoyens de leurs biens. Et tentait, en même temps, à s'imposer à Koulouba comme médiateur d'une crise qu'il a lui-même enfantée. Il prenait le beurre et l'argent du beurre.

Face à cette pratique, ATT l'a donc envoyé à Djeddah pour l'éloigner de sa base et travailler, par la même occasion, à une résolution pacifique de l'insécurité qu'il avait engendrée. Mais, c'était sans compter sur les allures islamistes qu'Iyad avait épousé en s'intéressant à une secte qu'on appelle la "Dawha", exportée à Kidal par  le pakistanais Peshawar.

Depuis, lyad est devenu un homme très bizarre. Il mène une vie discrète et ne sort presque jamais des mosquées. C'est ce personnage qu'ATT a envoyé à Djeddah, dans la représentation consulaire du Mali, en qualité de conseiller. Malencontreusement, Iyad n'a pas changé et a poursuivi ses bizarreries dans cette Ville Sainte de Djiddah. Les services de renseignement du Royaume l'ont filé durant une bonne période et ont conclu qu'il est en collusion avec des milieux islamistes douteux. Avant de le déclarer : "persona non grata" et de l'expulser vers Paris. Là également, Iyad se promenait, semble t-il, dans les différentes mosquées. Aux dernières nouvelles, il est rentré à Bamako, la semaine dernière.

Rappelons qu'Iyad Ag Aghaly est le père de la rébellion des années 1990. En effet, en 1988, un groupe appelé le Mouvement pour la libération de l'Azawad (MPLA) voit le jour. Son secrétaire général, Iyad Ag Aghaly, déclencha une rébellion dans la nuit du 28 juin 1990. Deux attaques furent lancées par un groupe de 50 hommes armés. Cette opération se solda par la mort de quatre personnes à Tidermène et de 14 à Ménaka, dont 4 soldats maliens. Après les accords de Tamanrasset du 6 janvier 1991, le MPLA se scinda en plusieurs groupes : le Front Populaire de l'Azawad (FPLA), l'Armée révolutionnaire de Libération de l'Azawad (l'ARLA) et le Mouvement Populaire de l'Azawad (MPA) d'Iyad Ag Aghaly. Il est le premier à déposer les armes et à inscrire ses actions dans le cadre d'une négociation pacifique. La suite est connue jusqu'à la reprise des hostilités le 23 mai 2006. Et le repli des bandits armés dans le maquis de Teghagharet, suivi des négociations en Algérie, soldées par l'Accord d'Alger du 4 juillet  de la même année.

A suivre...

 

Chahana TAKIOU/22Septembre

Par Oussouf DIAGOLA - Publié dans : Mali
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