De l’hiver au printemps politique au Mali

Publié le par Oussouf DIAGOLA

La médiocrité dans la gestion de notre pays a engendré un populisme d’un goût fade et rebutant dont le Prince du jour en a tiré les dividendes auprès d’une frange de la population engluée dans la brume. Du fait de la démocratie consensuelle - véritable exception malienne - la vie politique au Mali a connu une hibernation semblable à celle de la Tchécoslovaquie des années 60. La gouvernance cafouille, la démocratie s’empêtre.

Est-il acceptable que la gouvernance actuelle défaille à résoudre le problème de la corruption qui est un véritable frein au développement de notre pays? Est-il admissible que la classe politique de l’opposition donne un blanc-seing devant le gaspillage de nos deniers publics? Comment comprendre la collusion des politiques devant l’injustice de la justice avec son corollaire d’abus de pouvoir, de répression des droits et des méthodes directives édulcorées? Comment comprendre la diplomatie du silence de notre pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur? Vivement un dégel politique synonyme d’un printemps de Bamako qui serait une tentative vigoureuse à tordre le cou à cette démocratie de l’hypocrisie dont on nous a gavés. Dans cette grisaille, le Docteur Mariko pour qui l’expression “opposant politique” semble être fait, apparaît comme une embellie doublée d’un emblème. Faisant siennes les réflexions de Brutus: “Ce n’est pas que j’aimasse moins César mais j’aimais Rome davantage”. Le Mali d’abord, Mariko s’est montré indigne de délier les souliers du Prince et de se prosterner devant lui. Il s’est rendu compte de l’urgence d’une remise en cause totale d’un système de nomenklatura animé cyniquement par les mêmes clans, lobbyistes, francs-maçons et opportunistes de tous poils depuis 1968. Il s’est fait l’écho de la douloureuse prise de conscience de la libération d’un embastillement certain et la volonté réelle de bâtir un MALI nouveau. Ce changement s’impose à l’évidence, à la raison et à l’exigence historique. La nécessité absolue de bâtir un Etat-modèle basé sur la vérité, la liberté et l’équité.

Autant il relève de la gageure que de parler de soi même, autant il paraît difficile l’entreprise qui consiste à vouloir objectivement dépeindre un homme politique.

Ce n’est pas Oumar Mariko, en tant qu’être humain avec ses grandeurs et ses misères, qui est au centre de nos préoccupations, mais l’homme en tant qu’animal politique. Comme tout le monde, l’ange et le démon sont présents en lui. Comme mortel, il a trois caractères: celui qu’il a, celui qu’il montre, et celui qu’il croit avoir. Toute la vie est une affaire de choix. Et tout choix est un renoncement, une révolution. Comme lui, nous avons choisi de ne pas nous taire. Comme lui, nous avons choisi de ne pas cautionner le statu-quo, tout comme nous avons rejeté le statu ante d’hier. Jeter son dévolu sur Oumar Mariko, ce n’est pas mépriser les autres acteurs de la vie politique malienne dont la morosité est aux limites du tolérable, c’est souhaiter le changement de la sombre et triste condition des maliens, c’est souhaiter leur bonheur.

Sans vouloir offenser qui que ce soit, il ne serait pas exagéré de soutenir que Omar Mariko parait être l’esprit le plus beau dans l’opacité parfaite du landerneau politique malien. L’homme a une conviction : il croit absolument à un Mali meilleur. Il a des raisons et des arguments qui portent sa conviction comme disait la Bruyère. Il n’a jamais fait mystère de son aversion systématique pour le néocolonialisme. Il a mené un combat incessant contre les privatisations sauvages de nos entreprises. La santé et l’éducation du peuple se trouvent engoncées au centre de son combat social.

Il est un homme de vérité: il n’a pas la langue dans la poche. Il ne s’embarrasse pas de circonlocution et de rhétorique politicienne pour stigmatiser la mauvaise gouvernance et d’autres fléaux qui minent mortellement notre pays. Souvenons-nous de son combat épique en compagnie du Parena ayant astreint le pouvoir en place à un exercice inhabituel de transparence qui a consisté à reconnaître le droit de savoir du peuple sur la gestion des affaires lorsqu’il s’est agi de nous éclairer sur l’utilisation de la manne générée de la vente de la Sotelma-BIM.

Le député de Kolondiéba, Don Quichotte de notre temps, redresseur des torts a interpellé maître Abdoul Wahab Berthé sur le dossier des partants volontaires à la retraite. (310 milliards de francs déboursés par la Banque mondiale pour le programme de départ volontaire à la retraite). La Banque Mondiale a donné aux fonctionnaires du Sénégal 14millions, du Burkina 10millions et du Mali 4millions? (Pourquoi?)

La flamme et l’enthousiasme de son passé de militantisme estudiantin aurait certes laissé des traces indélébiles sur l’homme.”….. Toute opposition que je suis, je suis effectivement provisoire. Pas pour être un complément d’effectif mais pour prendre le pouvoir et l’exercer. Nous sommes, en tout cas au niveau du parti Sadi, résolument engagés dans le combat pour développer notre parti, pour organiser notre parti, le structurer davantage et prendre le pouvoir en 2012. Ça c’est l’objectif stratégique immédiat pour nous.” Dixit Mariko

Sa particularité réside dans son audace. Il n’a pas daigné jouer à la Farce de Maître Pathelin à laquelle les autres ont été conviés, au nom de la démocratie de l’hypocrisie. Le Prince jouit d’une liberté de manœuvre totale dans l’exercice de sa profession.

Les discours politiques de ce nouveau champion des causes nobles soulagent les cœurs, contentent et donnent l’espoir et l’espérance à ceux –là qui les écoutent dans un Mali dont l’avenir tient de l’incertitude. Sa grandeur d’âme, la fougue de son génie, la vivacité de son éloquence, sa haine viscérale pour l’injustice, son combat permanent pour la cause des pauvres et des démunis ne manquent pas de faire de lui la peinture achevée de l’opposant emblématique du Mali actuel.

Un vrai patriote, trouverait toujours quelque chose pour quoi il accepterait de souffrir: sa patrie. Ses camarades de combat d’hier, déçus et mus en oiseaux politiques migrateurs, et transhumants trouveront à redire sur son compte. Qu’il se soulage en pensant à ces propos d’Oscar Wilde: “De nos jours, tous les grands hommes ont leurs disciples et c’est toujours Judas qui rédige la biographie”. Dans le Mali où tous les coups sont permis pour faire du mensonge et de la médisance une philosophie de la vie, Mariko peut paraître aux yeux des fourbes, des calomniateurs et des conspirateurs qui ne délient la langue que pour la fabulation et l’intérêt, comme un être marginal, un aigri et un arriviste. Qu’il les laisse lui jeter des pierres et des boulets rouges. Ces tas de pierres amoncelés constitueront à coup sûr le socle de son piédestal qui s’érigera un jour certain aux pieds de la colline de Koulouba. La réalité est que la politique est un art et il nous donne un avant-goût de cet art attesté dont il maîtrise à ravir les mécanismes. Il n’a cure des cirques médiatiques orchestrés au profit des personnes de richissimes dinosaures et mastodontes, qui ont longtemps saccagé nos deniers publics. Avec le langage qui est le sien et la harpe et la lyre qu’il utilise pour nous annoncer les charmes et les beautés du Mali de nos rêves, il ne manque pas de nous séduire. D’ici les échéances de 2012, il ne dérogera pas d’ajouter à sa lyre d’autres cordes d’airain.

Avant d’aller en expédition, les croisés n’oubliaient pas de prendre le soin de faire bénir leurs armes et leurs drapeaux. Les maliens avides de démocratie, de changement et de progrès n’oublieront pas d’accorder leur onction à Oumar Mariko. Ne mène –t-il pas une croisade au propre et au figuré dans le combat politique quotidien qui est le sien? Son offensive vise à aiguiller l’opinion publique dans le cadre de son combat social.

Une hirondelle ou une fleur ne fait guère le printemps. Nous osons espérer que ceux des politiques qui étaient frappés de laryngite et de mutisme chroniques et qui voudraient se détacher  des serments de fidélité à l’endroit du Prince s’en inspireront. Ne vaudrait il pas d’être plusieurs sur une bonne affaire que d’être seul sur la mauvaise? Le combat pour un Mali meilleur tient d’une tâche herculéenne. Il se décline en terme de conviction, de courage et d’audace. “ On amène les gens courageux à une action en la leur exposant plus périlleuse qu’elle n’est.” disait philosophiquement Friedrich Nietzsche. Oui, les dinosaures, les mastodontes, les panégyristes-prébendiers, les bourgeois bureaucratico-militaro-compradores qui se sont greffés au pouvoir ne se laisseront pas faire. Au nom de la lutte des classes, ils iront puiser au plus profond d’eux -mêmes, le venin nécessaire pour se défendre et défendre le statu-quo.

Nous souhaitons vivement une saine émulation sur la scène politique malienne pour que d’autres talents et mérites se conjuguent pour répondre à l’angoisse existentielle de notre jeunesse désemparée qui n’a nullement besoin de s’immoler au feu , ou de s’immoler à la mer dans les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla, ou dans l’enfer du désert saharien pour que devienne une réalité le printemps politique au Mali. Nous croyons foncièrement à la force des idées nouvelles et plurielles, annonciatrices d’un Mali nouveau où la politique se fera autrement : tout simplement avec un visage plus humain.

De méchantes gens verront dans cette prose une espèce de ballade, d’hymne en l’honneur du Dr Mariko. Loin s’en faut. Nous avons avec Mariko ceci de commun : notre amour de la patrie, notre désir de changement. C’est lui devoir une fière chandelle. Nous serons prêts à agiter l’encensoir devant ceux qui le mériteront, nous leur dresserons des autels aussi, à leur gloire réelle. Mais “Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire” disait La Fontaine. Cependant , qu’Oumar Mariko sache que le plus dur, ce n’est pas de devenir un célèbre justicier, mais de le rester. Au yeux de ceux-là qui savent lire entre les lignes de l’histoire politique de notre continent, il y a lieu d’être circonspect à l’endroit des opposants politiques sous nos latitudes de calmes tropicaux. Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade en sont les parfaites illustrations. En cas de dérapages, monsieur Mariko, nous cristalliserons nos énergies pour stigmatiser. Qui aime bien, châtie bien. A bon entendeur salut!!

Et vivement un printemps politique au Mali.

 

Fatogoma Mohamed Ouattara

New Jersey (USA)

Publié dans Mali

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