Côte d’Ivoire : Revoici Charles Blé Goudé

Publié le par La Rédaction

BleGoude_convideo.jpgSamedi 16 juin, tout le monde attendait à Paris Charles Blé Goudé. La section européenne du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP-Europe) avait donné rendez-vous à l’« Espace Seven spirits » situé au numéro  7de la  rue Sainte-Hélène dans le 13ème Arrondissement de Paris. La figure emblématique de la jeunesse ivoirienne sous le régime de Laurent Gbagbo, devait en effet s’adresser au public via une vidéo.

A en croire le Cojep, le message a été enregistré le 9 juillet. Mais on se rappelle que le 5 juillet déjà, Charles Blé Goudé annonçait lui-même sur RFI : « le 16 juillet, le Conseil européen du congrès panafricain de la jeunesse des patriotes se réunit. Pour la première fois, on verra ce que je suis devenu, et cela à travers une vidéo exclusive que nous allons projeter. »

Décontracté, costume bleu ciel et cravate aux rayures rouges, Charles Blé Goudé y apparaît assis dans un jardin, devant un arbre du voyageur. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice ivoirienne il y a quelques semaines, il ne dit pas où il se trouve et dément les "rumeurs" qui le donnent notamment au Bénin ou au Ghana, où se sont réfugiés plusieurs personnalités de l'ancien régime.

Tout en critiquant durement le régime d'Alassane Ouattara, il esquisse une ouverture, en appelant le nouveau régime à « permettre » à l'opposition d'exister en déclarant :« je serai un opposant bien éduqué, un opposant qui propose, qui critique. Je ne serai pas un opposant qui prend les armes ». « Je voudrais lancer cet appel au régime de M. Ouattara: quand on est à la tête d'un Etat, on enlève sa veste (...) de président de parti politique et on évite d'instrumentaliser la justice », dit-il, dénonçant la traque des partisans de Laurent Gbagbo, des meurtres et des détentions arbitraires. Blé Goudé invite « la communauté internationale à interpeller M. Ouattara pour que les conditions réelles d'élections équitables, justes et transparentes soient créées en Côte d'Ivoire avant que nous allions aux législatives » et ajoute qu’en « Côte d'Ivoire, on parle aujourd'hui de réconciliation. Tout le monde veut se réconcilier (...) Je pense qu'au delà des discours, des slogans, la réconciliation doit se traduire par des actes ».

Comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises, il réclame la libération de Laurent Gbagbo et de ses proches, et affirme que les poursuites judiciaires à son encontre ne sont qu'un « prétexte » pour bâillonner l'opposition.

L'ancien ministre de la Jeunesse est entré dans la clandestinité au moment de la capture de Laurent Gbagbo le 11 avril. L’ancien président refusait de reconnaître sa défaite à la présidentielle du 28 novembre 2010 face à Alassane Ouattara. Quatre mois de crise et dix jours de guerre dans Abidjan en ont résulté avec à la clé 3 000 morts. Laurent Gbagbo est actuellement en résidence surveillée dans le Nord, comme son épouse et 13 autres proches.

Publié dans Afrique

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