Côte d'ivoire : Alerte rouge pour le second tour de la présidentielle

Publié le par Oussouf DIAGOLA

ADO GBAGBO-copie-1Le second tour de la présidentielle aura lieu le 28 novembre. Il se joue entre le président sortant, Laurent Gbagbo, et l'opposant Alassane Ouattara. Les tensions entre leurs partisans sont telles que le quotidien L'Inter lance un appel à tous les responsables politiques et religieux du pays afin d'éviter un bain de sang.

La météo politique en Côte d'Ivoire n'annonce rien de bon. De gros nuages s'amoncellent si l'on s'en tient au spectacle de violence qu'il nous est donné de voir ces derniers temps, et surtout aux rumeurs de coup d'Etat dont la presse s'est fait l'écho. Les propos entendus ça et là, les SMS haineux, les images de guerre projetées à Abidjan [des vidéos circulent à Abidjan, qui laisseraient entendre que Ouattara aurait été de mèche avec les chefs de la rébellion de 2002] et dans certaines villes du pays, tout cela donne froid dans le dos. Qui veut brûler ce pays ? Ce qui se passe sous nos yeux à quelques jours du second tour n'augure rien de bon. Ou plutôt fait craindre le pire. C'est pourquoi il faut tirer la sonnette d'alarme en amenant les uns et les autres à mettre balle à terre.

Le facilitateur – le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré –, le représentant du secrétaire général de l'ONU, Choi Young-jin, les religieux, les chefs traditionnels, tous devraient mettre la main à la pâte pour circonscrire le feu qui couve, sous peine de voir éclater un brasier aux conséquences incalculables. Il faut désamorcer la bombe maintenant pour sauver ce pays de la conflagration qui se profile. Les dernières informations évoquant un coup d'Etat ou un complot viennent en rajouter à une atmosphère déjà lourde. Tous ceux qui assistent la Côte d'Ivoire depuis une semaine dans sa longue marche vers la paix devraient prendre la mesure de la situation. Il est urgent de faire échec à toute manœuvre visant à faire dérailler le processus électoral et, plus généralement, le processus de paix engagé depuis une décennie.

Personne ne gagnera à engager le pays dans les schémas rwandais, kényan ou zimbabwéen. L'obsession de la conservation ou de la conquête du pouvoir ne devrait jamais justifier le recours à la force. Il faut épargner à ce pays un autre bain de sang ! Les candidats Laurent Gbagbo [38 % des suffrages au premier tour] et Alassane Ouattara [32 %], qui se targuent d'être des démocrates, devraient se garder de verser dans l'invective ou les propos guerriers comme ceux qui nous ont été servis ces derniers jours ["Le serpent n'est pas encore mort, ne laissez pas tomber votre bâton", a lancé Gbagbo à ses partisans en parlant de Ouattara, le 21 novembre]. De tels propos ont l'inconvénient de chauffer à blanc leurs partisans, qui en viennent à se défier dans les rues, comme ce fut le cas le 19 novembre à Cocody et le 22 à Port-Bouët et Williamsville, à Abidjan. Si l'on n'y prend garde, ce type de dérapages pourrait s'étendre à d'autres villes et même se généraliser. C'est pourquoi il faut parer au plus pressé maintenant. Après, ce sera trop tard.

 

L'Inter

Publié dans Afrique

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