Codes des personnes et de la famille : Le points que le HCI dénonce

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Monument BamakoDans le contexte actuel, marqué par la volonté de l’ensemble des acteurs de la communauté musulmane, toutes tendances confondues, de réunir les conditions d’un dialogue fécond sur les grandes questions d’intérêt religieux majeur, comme le Projet de Code des Personnes, il est pour le moins curieux que des leaders, au regard de leur parcours et de leur stature (imam), prennent le parti de s’investir dans des débats en des termes aussi négatifs, ne pouvant produire comme seul effet que de faire mal à un homme: Mahmoud Dicko et à une structure: le Haut Conseil Islamique du Mali.

L’objectif de la réaction de la communauté musulmane visait à ce que ce Code soit nécessairement une œuvre de compromis solide entre les exigences d’une sauvegarde des traditions positives et des croyances religieuses auxquelles le peuple malien reste attaché et la nécessité absolue d’ouverture aux exigences d’un Etat moderne.

Il est regrettable que des leaders, comme un Imam, qui peuvent légitimement revendiquer une posture indiscutable de personnalité de bon conseil, d’après ce que lui-même vient d’évoquer comme parcours, depuis le temps colonial à nos jours, dans le journal, une personnalité capable de mettre son expérience et sa sagesse au service de la communauté  musulmane du Mali, ait, au contraire emprunté l’option de s’installer dans des attaques sans fondement, de surcroît fortement personnalisées, avec une volonté manifeste de nuire, avec des stéréotypes et des gadgets de toute sorte et une stigmatisation du Haut Conseil Islamique en fauve antidémocratique.

Cela se justifie dans votre fureur délirante, lorsque vous interpellez le Président du Haut Conseil Islamique, l’Imam Dicko, en ces termes: «nous nous devons, Monsieur le Président, d'éviter l'intolérance religieuse, source de haine et de fanatisme, facteurs néfastes à la bonne pratique de l'islam en toute quiétude».

Tout ce que nous avons souhaité et demandé, très cher Imam (si vous l’êtes), c’est que la loi qui devrait  régir notre existence en tant qu’être social soit conforme à nos aspirations profondes, à nos valeurs sociales et religieuses. Hélas, un certain agent des services de renseignements déguisé en Imam, à court d’arguments, veut prendre le débat en otage, à coups de stigmatisation, de dénigrement, de délation, de manipulation et de désinformation.

Cher Imam, et grand adepte de la laïcité, ce n’est pas en agitant le spectre de l’intolérance religieuse que les musulmans du Mali seront ces stéréotypes voulus et souhaités.

C’est d’ailleurs aux musulmans de donner la leçon sur la laïcité aux autres, et non pas le contraire. Pour preuve, dans tous les pays conquis, l’Islam a toujours accepté la présence de nombreux et importants groupes professant d’autres religions. Mais en sens inverse, lorsque par exemple les Chrétiens eurent reconquis l’Espagne, tous les musulmans furent massacrés, convertis de force ou chassés. Et, pourtant, la présence de l’Islam sur le sol ibérique a duré prés de huit siècles. Ernest Renan, dans «Averroès et Averroïsme», a rendu un hommage aux premiers souverains andalous: « jamais conquérants ne poussèrent plus loin que les Arabes d’Espagne la tolérance et la modération envers les vaincus».

C’est pourquoi je me trouve aujourd’hui dans l’obligation de répondre aux propos diffamatoires, dans le but d’apporter une modeste contribution à l’éclairage d’une certaine compréhension, non fondée, faisant croire que notre démarche contre ce Code était irresponsable. Cela est d’ailleurs affirmé par notre Imam des services de renseignements par ce passage: « ne pensez-vous pas que cela soit une attitude irresponsable et indigne des dirigeants d'une instance aussi crédible que le Haut Conseil Islamique du Mali?»

Enfin, nous sommes ébahis, ébaubis, et abasourdis lorsqu’un Imam au Mali  affirme que «ce Code, élaboré en majorité par des musulmans est, comme chacun de nous peut le constater, d'inspiration islamique. Je ne vois donc pas en quoi il porte atteinte à nos valeurs socioculturelles, encore moins à l'Islam».

Mon cher Imam, pouvez-vous me prouver la légitimation d’un enfant naturel en Islam? Pouvez-vous défendre devant Dieu le partage équitable de l’héritage entre le garçon et la fille? Entre un enfant légitime et un enfant naturel, même reconnu par son père? L’adoption-filiation en islam? Mais surtout l’article 516, qui stipule que « tout enfant né hors mariage, dont la filiation paternelle n’est pas légalement établie, peut réclamer des subsides à celui qui a eu des relations avec sa mère pendant la période légale de la conception».

Comme les Imams au service de Dieu Tout Puissant ont rejeté ce Code, parce que non conforme à nos valeurs socioculturelles et religieuses, maintenant c’est au tour des Imams au service de Satan de prouver le contraire. Cher Imam des services de  renseignements, empochez ce que vous avez perçu et taisez-vous!.

Mohamed Kimbiri

Secrétaire à l’organisation du Haut Conseil Islamique du Mali

Publié dans Mali

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