Centrafrique : Les élections pourraient être de nouveau reportées

Publié le par Oussouf DIAGOLA

UrneDéjà reportées une première fois au 16 mai, les élections présidentielle et législatives en Centrafrique initialement prévues le 25 avril pourraient être une fois de plus repoussées, selon une source proche de la présidence du pays jointe dimanche à Bangui par Xinhua.

Le nouveau report, d'après cette source, est justifié par le souci des autorités centrafricaines de garantir un bon déroulement du double scrutin où le président sortant, le général François Bozizé, et l'ex-chef de l'Etat Ange Félix Patassé, de retour de son exil au Togo suite à la tenue du dialogue politique inclusif en décembre 2008, se sont portés candidats.

Ce processus électoral suscite des inquiétudes, y compris au sein de la communauté internationale, à cause d'un climat de tension persistant lié à l'insécurité entretenue par des mouvements rebelles qui occupent une partie du territoire national, notamment dans le Nord.

Il y a aussi le boycott annoncé par l'opposition dite démocratique, qui exige le retour de la paix avant toute opération de vote dans ce pays qui est l'un des plus pauvres de la planète.

Au pouvoir depuis le 15 mars 2003 à la suite d'un coup d'Etat contre Patassé, aujourd'hui considéré comme son concurrent le plus redoutable, Bozizé, élu une première fois en mai 2005, se présente pour un deuxième mandat consécutif de 4 ans.


L'opposition démocratique exige le désarmement des rebelles avant les élections

 

Partisane du boycott, le Collectif des forces du changement maintient ses exigences de désarmement des rebelles avant la tenue des élections présidentielle et législatives prévues en République centrafricaine (RCA) le 16 mai, a déclaré dimanche un de ses leaders, Me Henri Pouzère, joint par Xinhua.

« On ne peut pas aller aux élections lorsqu'on est dans un pays où il y a des guerres et des morts. 52% du territoire national est occupé par les rebelles. Il faut commencer par régler ce problème. Il faut qu'il y ait un minimum de paix », a-t-il dit.

Créé dans la perspective du double scrutin attendu, le Collectif est une coalition de 8 partis politiques d'opposition, parmi lesquels l'Union des forces vives de la nation (UFVN) qui défère 5 formations. Parmi celles-ci, figurent le Mouvement de libration du peuple centrafricain (MLPC) qui a évincé en 2009 son fondateur, l'ancien président Ange-Félix Patassé au profit de l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé, et le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) du défunt président Angré Kolingba.

A la clôture du dépôt des dossiers de candidature vendredi, cette mouvance n'a présenté aucun candidat, alors que le président sortant François Bozizé et Ange-Félix Patassé qu'il avait renversé le 15 mars 2003 se sont lancés dans la course.

« La question de candidature ne se pose pas pour l'instant. Nous sommes en train de nous battre pour qu'il y ait des conditions d'aller aux élections. S'il n'y a pas de désarment [des groupes armés], comment voulez-vous qu'on aille aux élections ? », a avisé Me Pouzère.

Il a insisté sur l'adoption d'« une résolution très claire » sur la question, faisant état d'une autre revendication liée à un nouveau recensement électoral. Cette opposition a appelé les Centrafricains au boycott si les élections n'étaient pas reportées en janvier 2011.

« Même cette date que nous avons proposée ne sera pas tenue tant que le désarmement n'est pas effectué », a estimé Henri Pouzère.

Ces élections étaient initialement prévues le 25 avril et ont été reportées 16 mai suite à un décret présidentiel. Une source proche de la présidence jointe dimanche à Bangui par Xinhua a évoqué l'éventualité d'un nouveau report.

La même source a annoncé une conférence de presse du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) lundi dans la capitale centrafricaine pour communiquer la liste officielle des candidats à la présidentielle et aux législatives.

Xinhuanet

Publié dans Afrique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article