Burkina Faso : L’opposition réclame la reprise du scrutin du scrutin présidentiel

Publié le par Oussouf DIAGOLA

Le chef de file de l’opposition burkinabè, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, le candidat Boukary Kaboré dit "Le lion" et les représentants des candidats Hama Arba Diallo et François Ouampossogo Kaboré, ont animé une conférence de presse le 23 novembre 2010 au siège du chef de file de l’opposition sur le déroulement du scrutin présidentiel du 21 novembre 2010. Au cours de celle-ci, ils ont marqué leur volonté de rejeter tout résultat qui sera prononcé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et ont réclamé, entre autres, la reprise du scrutin dans des conditions régulières.

http://www.lefaso.net/IMG/jpg/cdp1-3.jpgLes 4 candidats de l’opposition que sont Me Bénéwendé Stanislas Sankara, Boukary Kaboré dit "Le lion", Hama Arba Diallo et François Ouampossogo Kaboré, disent avoir constaté de graves irrégularités lors du scrutin présidentiel du 21 novembre 2010. Selon Me Bénéwendé Stanislas Sankara, principal animateur de la conférence, ces irrégularités portent, entre autres, sur des votes multiples de certains électeurs titulaires de plusieurs cartes en leurs noms, la rétention intentionnelle des CNIB (cartes nationales d’identité burkinabè), dans certaines zones connues comme des fiefs de l’opposition, l’existence de listes parallèles d’électeurs pour certains bureaux de vote, de l’encre non indélébile, etc. Tous ces éléments, a-t-il dit, entachent sérieusement la crédibilité et la régularité du scrutin du 21 novembre 2010. En conséquence, les 4 candidats de l’opposition, de concert avec l’ensemble des partis politiques des coalitions qui les soutiennent, a-t-il ajouté, rejettent tout résultat, aussi provisoire soit-il, qui sera prononcé par la CENI actuelle à l’issue du premier tour du scrutin présidentiel du 21 novembre 2010. Par la même occasion, ils réclament la démission immédiate et sans condition du président de la CENI, Moussa Michel Tapsoba, la mise en place d’un nouveau bureau de la CENI effectivement tripartite et la reprise effective de l’élection présidentielle du 21 novembre 2010 dans des conditions régulières.

"Une démocratie au rabais"

En tout état de cause, un recours a été introduit auprès du tribunal administratif en ce qui concerne particulièrement la légalité de la carte électorale et d’autres recours pourraient avoir lieu notamment devant le Conseil constitutionnel, a déclaré Me Sankara. " Tout en espérant que le droit sera dit afin d’éviter la crise persistante de la démocratie et de la gouvernance dans notre pays, nous restons fermement engagés à faire valoir le droit légitime du peuple burkinabè dans le choix de ses dirigeants", a-t-il soutenu. 

Il a expliqué de long et en large les différentes décisions irrégulières prises par la CENI concernant la préparation et l’organisation du scrutin. Des décisions que les partis de l’opposition ont toujours dénoncées comme ce fut le cas avec les cartes d’électeur utilisées lors du vote passé qui étaient non conformes aux dispositions du code électoral, a-t-il indiqué. Pour l’animateur de la conférence, il n’est pas question d’accepter une démocratie au rabais d’autant plus que le Burkina donne des leçons ailleurs.

Pourquoi Me Sankara n’a pas voté

Pourquoi l’opposition a-t-elle participé à l’élection sachant que les conditions n’étaient pas régulières ? Pourquoi Me Sankara n’a-t-il pas exercé son droit de vote ? Pourquoi les membres de l’opposition à la CENI n’ont pas rendu leur démission ? Pourquoi l’opposition n’a pas réagi face aux déclarations des observateurs qui affirment que l’élection est propre ? A toutes ces questions, le chef de file de l’opposition et les autres membres ont apporté des éléments de réponse. Pour eux, le peuple burkinabè est fatigué du régime actuel et veut une alternance et la seule voie pour y arriver, ce sont les élections. Si cette voie est altérée, il vaut mieux y participer pour pouvoir la dénoncer. Me Sankara n’a pas voté pour une question de droit. 

La carte d’électeur étant non conforme aux dispositions du code électoral, l’homme de droit ne pouvait, dans de telles conditions, l’utiliser pour accomplir son devoir civique, a expliqué Boukary Kaboré dit "Le Lion". Tous les membres de l’opposition à la CENI n’ont pas démissionné mais un d’entre eux a déjà rendu le tablier, a confié Me Sankara avant d’ajouter qu’il n’a rien contre les observateurs. "Il faut souvent qu’on soit sérieux quand on va dans une mission pour garantir la paix dans un pays. Quand on connaît les conséquences d’une élection mal organisée, je pense que les observateurs devraient prêter serment pour dire la vérité. Rien que la vérité", a martelé Me Sankara. Le représentant du candidat François O. Kaboré, Joseph Saba, a dit trouver étonnant que les observateurs à qui l’opposition avait fait cas des irrégularités et qui l’ont, par ailleurs, encouragée pour son abnégation à poursuivre par la voie des urnes, puissent dire que l’élection a été propre. "Dans tous les cas, nous les laissons avec leur conscience", a-t-il dit. 

Le représentant du candidat Hama Arba Diallo, Philippe Ouédraogo a, quant à lui, déclaré que les observateurs méritent des excuses car ils ne peuvent pas tout voir ou du moins, ne voient que des choses arrangées. Pour le candidat Boukary Kaboré dit le "Lion", la fraude est institutionnalisée au Burkina car le gouvernement, l’Assemblée nationale et l’administration y sont impliqués.

 

(Le Pays 24/11/2010)  

Publié dans Afrique

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