Air Cemac : Les privés ne se montrent pas très enthousiastes à entrer dans le capital

Publié le par Oussouf DIAGOLA

http://www.crtv.cm/cont/nouvelles/imagePot/cemac_logo.jpgLe lancement d'Air Cemac, la future compagnie aérienne régionale de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), initialement prévu au cours du semestre écoulé, reste attendu. Commissaire chargé des infrastructures et du développement durable à la Commission de la Cemac, le Dr. Bernard Zoba a annoncé dans un entretien exclusif à Xinhua lundi à Yaoundé en marge de la réunion ministérielle du comité de pilotage de la rationalisation des communautés économiques régionales en Afrique centrale, que l' évolution de ce dossier dépend à présent de la finalisation du " business plan" par le partenaire stratégique, South African Airways (SAA).


Quelle est aujourd'hui l'évolution du dossier d'Air Cemac, la future compagnie aérienne régionale d'Afrique centrale ?

La situation du dossier d'Air Cemac a été présentée lors de la conférence extraordinaire des chefs d'Etat de la Cemac qui s'est tenue le 7 juin à Brazzaville [au Congo]. Ce dossier a beaucoup évolué depuis 2008. Pourquoi 2008 ? Parce que c'est cette année-là où les Etats membres ont concédé les droits de trafic à la société Air Cemac qui a été créée en 2001. En 2008 également, les Etats membres ont libéré leurs parts de capital.


Qui représente quelle somme ?

Je ne peux pas vous donner la somme aujourd'hui, nous gardons çq pour nous. Mais en tout cas, il y a une part de capital de chaque pays. Cela veut dire que les Etats membres ont fait ce qu'il fallait faire : libérer les parts de capital, concéder les droits de trafic. Ils ont demandé à la Commission de la Cemac de chercher un partenaire stratégique pour lancer la compagnie et ce travail a été fait. ça n'a pas été facile, mais grace aux démarches entreprises, c'est une société sud-africaine, South African Airways, qui travaille avec la Commission de la Cemac pour lancer cette future compagnie Air Cemac. Un élément important restait à définir, c'était le lieu du siège de la future compagnie Air Cemac. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Cemac, en janvier 2010 à Bangui [en Centrafrique], ont donc décidé que c'est Brazzaville. A partir de cette décision qui a été communiquée aux Sud-africains, la compagnie SAA est en train de réaménager son "business plan" de façon à prendre en compte cette nouvelle donne. Et lors de la dernière conférence des chefs d'Etat qui s'est tenue donc à Brazzaville, le conseil des ministres de la Cemac a adopté un cadre fiscalo-douanier de certains avantages à accorder à la future compagnie Air Cemac, ceci pour réduire certains coûts de façon à faciliter le lancement de la compagnie dans les meilleurs délais. Nous pensons qu'après la Coupe du monde [de football de 2010 en Afrique du Sud] les Sud-africains vont nous appeler et au cours d'une réunion des ministres de l'aviation civile d'Afrique centrale, ils vont présenter les résultats de ce travail et après on pourra aller rapidement.

 

En termes de pourcentage, que représente la part des Etats, celle des institutions régionales (CEMAC et CEEAC), celle du partenaire stratégique et puis celle du secteur privé ?

Une chose est vraie, la répartition adoptée par les chefs d' Etat était de 60 % pour la région Cemac, c'est-à-dire les Etats membres et les institutions, et 40% pour le partenaire stratégique. A l'intérieur des 60%, il y a 30% pour les Etats membres, 15% pour les institutions et puis 15% pour les privés. Mais, les privés tardent à venir. Maintenant, les Sud-africains souhaiteraient plutôt que leur part soit augmentée. Ils sont même prêts à aller jusqu'à 49%.

 

Justement, les dernières informations en notre possession depuis le début de l'année indiquent que la South African Airways réclame une augmentation de sa part à 49% contre 51% pour la région..

C'est à voir. Je crois que ce qui est d'abord important c' est que les Sud-africains puissent finaliser le "business plan" et le présenter à la réunion des ministres de l'aviation civile de la zone Cemac et après, si c'est clair on va procéder à la signature de l'accord de partenariat qui va vraiment engager les Sud-africains, parce qu'ils sont encore partenaire stratégique. C' est à travers l'accord de partenariat qu'ils seront partenaire stratégique et actionnaire de la compagnie.

 

Quel est le capital de la compagnie ?

Le capital qui a été retenu depuis l'an dernier, c'est 10 milliards de francs CFA [environ 20 millions de dollars US]. Au départ, on parlait de 24 milliards [environ 48 millions de dollars US], mais on a ramené à 10 milliards francs pour démarrer et après on verra.


Les observateurs estiment qu'Air Cemac tarde à démarrer à cause de la volonté de certains Etats de disposer de leur propre compagnie nationale. Que répondez-vous ?

Mais il n'y a pas incompatibilité d'avoir Air Cemac au niveau régional et des compagnies nationales au niveau des Etats. De toute façon, toutes les parties prenantes sont conscientes de cette situation. En lançant Air Cemac, on n'a jamais dit qu'il faut interdire les compagnies nationales. Ce n'est pas vrai. Air Cemac devrait s'adapter à la donne et voir avec les compagnies nationales comment développer une synergie.

 

L'envol de cette compagnie régionale était prévu au premier semestre 2010 qui s'est achevé. L'aura-t-on finalement dans les airs avant la fin de l'année ?

Je dis d'attendre d'abord que les Sud-africains puissent présenter le "business plan" réaménagé aux ministres de l'aviation civile et qu'on puisse signer l'accord de partenariat et là on aura un chronogramme beaucoup plus précis. Parce qu'une fois l' accord de partenariat signé, on pourra imaginer très rapidement le lancement de l'Assemblée générale constitutive de la compagnie, avec nomination des dirigeants.

 

Admettez-vous que le dossier traîne ?

Et comment justifiez- vous le retard ? R : Vous savez, ce sont des négociations. Il y a deux parties. D' un côté, vous avez la Cemac et de l'autre côté vous avez le partenaire. Il faut être patient, on est sur la bonne voie. En tout cas, la partie sud-africaine est déterminée à contribuer pour le lancement de cette compagnie Air Cemac.

 

Vous semblez rassurant, mais l'on se rappelle que le processus en est au troisième partenaire stratégique, après les désistements de Royal Air Maroc et Brussels Air Lines...

Tout cela nous sommes au courant. C'est pourquoi nous qui participons à ces négociations, nous voyons vraiment la détermination des Sud- africains. Les choses sont un peu lentes, mais en tout cas la volonté est là. Nous pensons qu'après la Coupe du monde ils seront un peu dégagés et c'est là qu'on aura la prochaine rencontre.

Publié dans Afrique

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