25EME SOMMET FRANCE-AFRIQUE : L’empreinte sarkozyenne d’une « relation renouvelée »

Publié le par Oussouf DIAGOLA

C’est pratiquement en 24 heures chrono que le président français a mené avec sa faconde particulière le 25ème sommet France-Afrique. Ouvert lundi 31 mai 2010 à 14heures locales, le sommet a pris fin mardi 1er juin 2010 pratiquement à la même heure.

L’information la plus importante est la création d’une association entre les patronats d'Afrique et de France annoncée par la patronne des partons français) Laurence Parisot qui a parlé de « un enthousiasme nouveau, régénéré » né lors de ce 25ème sommet où plus de 200 entreprises françaises et africaines ont adopté une charte professionnelle pour les investisseurs sur le continent africain, bannissant la corruption et louant la transparence.

La charte appelée ‘charte anti corruption’ pour le principe clairement annoncé de « refuser toute forme de pratique corruptive et toute pratique ayant pour objet ou pour effet de fausser la concurrence saine et loyale » promet de dégager des ressources pouvant contribuer au développement des pays africains.

Les entreprises s'engagent dans les domaines de la « responsabilité économique, sociale et environnementale » mais attirent l’attention qu'elles « ne peuvent mettre en œuvre l'intégralité » de son contenu de la charte « du jour au lendemain ».

Les signataires s'engagent toutefois à « adopter une bonne gouvernance […], sélectionner des partenaires (fournisseurs, sous-traitants) […], éviter, en toutes circonstances, les conflits d'intérêt réels ou potentiels ».

Sur le plan social la charte fait état de l’obligation de respecter « l’interdiction du travail des enfants, l'interdiction du travail forcé, la non discrimination, la liberté d'association et la reconnaissance effective du droit à la négociation collective » et n’oublie pas dire l’engagement des parties à « améliorer les conditions matérielles de travail, de fournir aux collaborateurs des conditions d'hygiène et de sécurité au moins conformes à la législation locale ».

La danse du ventre des entrepreneurs français devant le continent convoité par des partenaires jugés plus crédibles parce que plus efficaces comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou les pays arabes, dénote d’une nouvelle stratégie pour maintenir au moins les positions commerciales françaises sur le continent à défaut de ne pas gagner de nouveaux marchés puisqu’un certain Nicolas, nouvellement élu à la présidence de la république française en 2007, a osé affirmer clairement que « l’Afrique, commercialement, l’intéresse pas la France ».

Sarkozy semble revenu à la réalité de la françafrique à Nice en affirmant dans son allocution de clôture que « la France et l'Afrique débordent de projets, pas des projets les uns contre les autres mais les uns avec les autres ». Et le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, fera valoir que ces dernières années, on a beaucoup réduit les risques pour les investisseurs en travaillant sur la gouvernance en améliorant le climat des affaires pour faire en sorte que le retour sur investissement soit amené à 5 dollars pour un dollar d’investissement.

Nicolas Sarkozy qui sait l’Afrique a surtout besoin de technologies pour l’exploitation de ses ressources s’est déclaré ouvertement pour « le partage des technologies, notamment sur les énergies renouvelables et solaires » expliquant que « c’est bien plus intéressant de partager la technologie plutôt que des budgets d'aide au développement qui n'ont pas toujours tenu leurs promesses ».

Voilà peut-être pourquoi, à l’exception de Jacob Zuma d’Afrique du Sud et de Goodluck Jonathan du Nigeria, Nicolas Sarkozy n’a eu d’entretien avec aucun autre des 38 chefs d’état et de gouvernement africains présents.

Lors de la conférence presse de clôture on remarquera juste que le doyen Paul Biya était invité à ses côtés tout comme l’éthiopien Meles Zenawi qui préside la commission des chefs d’état sur le climat.

Sur le plan politique ce sommet reste dans les grandes généralités comme « la nécessité de renforcer les relations entre la France et l’Afrique en créant un partenariat fondé sur des intérêts partagés et une confiance mutuelle » comme écrit dans la déclaration finale qui résume en 24 points les trois thèmes débattus, à savoir la gouvernance mondiale, la sécurité en Afrique et la lutte contre le changement climatique.

Sur le premier point Sarkozy promet d’obtenir un siège pour l’Afrique. S’agissant de la paix et la sécurité en Afrique et la lutte contre le réchauffement climatique la déclaration note que la France à consacrer 300 millions d’euros sur la période 2010-2012 pour « soutenir les efforts des Etats africains » en matière de sécurité et formera 12.000 militaires africains.

« Ce sommet, avec les thèmes qu'on a mis sur la table (gouvernance, sécurité et climat), avec la présence des entreprises, tourne la page d'une relation complexe et complexée » a fait savoir Nicolas Sarkozy qui a expliqué que « c'est très étrange les sommets. Quand un chef d'Etat est passionné par l'Afrique, il y a beaucoup de suspicion. Quand il est moins passionné, il y a beaucoup de critiques ».

 

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